Département des études arabes, médiévales et modernes

Le Département des Études Arabes, Médiévales et Modernes (DÉAMM)

Directeur scientifique : Frédéric Imbert (Professeur des Universités)

 Présentation du département

 Le DÉAMM est l’un des trois départements scientifiques de l’Ifpo. Héritier de l’Institut français d’Études Arabes de Damas (IFÉAD fondé en 1922), il fut intégré en tant qu’unité scientifique lors de la création de l’Ifpo, en 2003. Dès le début de la guerre en Syrie en 2011, le DÉAMM a été contraint de quitter Damas, son siège historique, pour se redéployer à Beyrouth, au côté des autres départements de l’Ifpo. La bibliothèque des études arabes, riche de 95 000 ouvrages et environ 500 périodiques, est demeurée à Damas et se trouve actuellement inaccessible aux chercheurs.

Le DÉAMM développe ses activités sur l’ensemble des espaces couverts par l’Ifpo : Liban, Jordanie, Territoires palestiniens et Irak (région du Kurdistan) ; il continue également à travailler sur la Syrie, principalement sur des questions patrimoniales.

Politique scientifique du DÉAMM

Le DÉAMM a pour politique scientifique de promouvoir la recherche dans les domaines de l’histoire du Proche-Orient depuis les débuts de l’Islam (VIIe siècle) jusqu’à la fin de l’Empire ottoman (premier quart du XXe siècle), de la littérature arabe classique et moderne, de la linguistique arabe et de l’histoire de la pensée religieuse musulmane, mais aussi chrétienne ou juive de langue arabe. Les domaines de la philosophie arabe médiévale et histoire des sciences et des techniques entrent également dans son champ disciplinaire. Le Département des études arabes fait aussi valoir son expertise dans les domaines de l’archéologie, de l’épigraphie et de l’histoire de l’art d’époque islamique au Proche-Orient.

Au-delà d’une simple promotion des recherches en ces domaines d’une excessive richesse et chronologiquement très étendus, le DÉAMM développe depuis quelques années une stratégie scientifique visant à mettre en avant, dans une perspective diachronique, des données pertinentes issues de différents champs de recherche ; dans une dimension transversale, le DÉAMM privilégie des synergies pouvant mettre en valeur les passerelles, au-delà des clivages en termes de périodisations, entre des axes ou des programmes de recherche menés au sein de l’Ifpo dans les deux autres départements : le Département d’archéologie et d’histoire de l’Antiquité (DAHA) pour les périodes dites de transition (fin de la période byzantine et début des Omeyyades) ou pour l’analyse de céramologie médiévale ou d’inscriptions arabes sur des sites antiques. À l’autre bout de la chaîne, les études ottomanes et modernes rejoignent souvent des problématiques soulevées par certains axes du Département des études contemporaines (DÉC) et s’inscrivent dans la complémentarité et la diachronie. La vocation du DÉAMM est aussi d’apporter une expertise et une profondeur de champ et d’approche sur des questions qui continuent à animer certains débats idéologiques et disciplinaires contemporains.

Axes et programmes

Les activités scientifiques du DÉAMM sont organisées autour de programmes individuels ou collectifs bénéficiant de financements français ou internationaux. Ils se déclinent actuellement autour de quatre axes de recherche :

Axe 1 : Archéologie, épigraphie et culture matérielle

Programme de Valentina Vezzoli : « Entre terre et mer : culture matérielle et paysage humain à la période islamique au Liban »

Le projet vise à reconstruire l’histoire du peuplement du Liban au cours de la période islamique en ciblant des régions significatives situées dans l’arrière-pays, les montagnes et la côte. La recherche s’appuie sur une étude archéologique de la région et sur l’analyse de la culture matérielle de l’époque islamique. Cette synthèse permettra notamment de constituer une typologie générale de la céramique libanaise du VIIe au XIXe siècle.

Programme de Frédéric Imbert : « Épigraphie islamique au Proche-Orient ».

Le programme d’épigraphie islamique s’inscrit dans les champs de recherches traditionnels de l’Ifpo. Ce programme se donne pour objectif d’étudier et d’analyser les inscriptions et graffiti du début de l’Islam du point de vue du contenu (étude du formulaire) et de la forme (paléographie, diacritisme, langue arabe). F. Imbert participe également à la mission archéologique de Khirbat al-Dūsaq où il a en charge le dossier épigraphique (XIIe siècle, époque ayyoubide).

Axe 2 : Philosophie islamique et histoire des idées

Programme de Guillaume de Vaulx d’Arcy : « Le pythagorisme et les débuts de la philosophie islamique »

Avant qu’Aristote et la logique règnent en maîtres sur la philosophie islamique, cette dernière se rattacha d’abord à la figure tutélaire de Pythagore et prit la voie tracée par l’arithmétique. Nous nous attachons à comprendre quelles sont les raisons de ces débuts mathématiques et de la philosophie islamique et quelle en fut la fortune.

Axe 3 : Linguistique de l’interaction en arabe

Programme de Véronique Traverso : « Pratiques interactionnelles et corpus de langue parlée en arabe »

Ce programme comprend trois opérations de recherche. Tout d’abord la mise en place d’une convention de transcription de l’arabe parlé répondant aux besoins de l’étude des usages situés de la langue, et la réalisation d’un corpus qui sera mis à la disposition des chercheurs (collaboration IFPO / Université Libanaise / American University of Beirut). La seconde concerne l’étude de l’usage des routines conversationnelles dans des contextes variés (cette thématique a fait l’objet d’un dépôt de projet Cèdre en 2018). Collaboration IFPO / Université Libanaise / Université Saint-Joseph-CEMAM). La troisième opération porte sur les difficultés communicatives que peuvent rencontrer les déplacés/réfugiés syriens dans les cadres de consultations médico-sociales (collaboration IFPO / USJ-Département de Psychiatrie).

Programme de Jérome Lentin et Claude Salamé (chercheurs associés) : « Dictionnaire d’arabe dialectal de Damas (parler de Damas) »

Le DEAMM soutient, depuis 2010, le projet de constitution d’un dictionnaire d’arabe dialectal damascène en ligne (archives ouvertes HAL-SHS, https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00504180v2/document ). En 2018, le programme est relancé et va bientôt voir la publication des lettres t (ت, ث), ž (ج), (ح), (خ), d (د, ذ) sur la plateforme.

Axe 4 : Histoire urbaine et sociale de l’époque ottomane.

Programme de Falestin Naïli : « Gouvernance urbaine et citadinité dans trois villes du Proche‑Orient ottoman : Amman, Salt et Jérusalem (1867-1921).

Ce projet de recherche vise à étudier les interactions dynamiques entre ordre urbain, système administratif et structure sociale à Amman, Salt et Jérusalem à la fin de l’époque ottomane en étendant une recherche menée sur Jérusalem et sa municipalité au territoire jordanien. Le programme se donne également pour but de contribuer à l’histoire urbaine des territoires correspondant à l’actuelle Jordanie et qui demeure très incomplète, notamment pour la période ottomane.

Les chercheurs du DÉAMM

En 2018, le DÉAMM regroupe des chercheurs de diverses disciplines couvrant des champs de recherches très variés depuis l’étude des textes épigraphiques des débuts de l’Islam, la philosophie et la littérature médiévales, l’histoire du Proche-Orient ottoman et la linguistique contemporaine. Une dizaine de chercheurs associés, sur l’ensemble des sites, viennent renforcer ou diversifier la politique scientifique du Département des études arabes.

L’équipe est composée d’un directeur scientifique Professeur des Universités, de 3 chercheurs MEAE (pensionnaires scientifiques), d’une chercheure CNRS en mobilité, d’une doctorante en mobilité internationale et d’environ 10 chercheurs associés titulaires d’un doctorat, enseignants agrégés ou même professeurs émérites (linguistique, histoire, lexicographie, archéologie, littérature). Une enseignante agrégée (Prag Inalco Paris) a le stage d’arabe en responsabilité.

En septembre 2018, sont en poste à l’Ifpo :

DE VAULX D’ARCY Guillaume (Beyrouth, chercheur MEAE, philosophie arabe classique)

IMBERT Frédéric (Beyrouth, directeur scientifique, épigraphie islamique, didactique de la langue arabe)

LUCAS Noëmie (Beyrouth, doctorante en mobilité internationale, historienne, époque omeyyade)

NAÏLI Falestin (Amman, chercheure MEAE, historienne, époque ottomane)

TRAVERSO Véronique (Beyrouth, directrice de recherche CNRS en mobilité, linguistique)

VEZZOLI Valentina (Beyrouth, chercheure MEAE, céramologie d’époque islamique)

Chercheurs du DÉAMM ayant récemment quitté l’Ifpo

Août 2018 : Boris James (Erbil, histoire du Kurdistan islamique) ; Elodie Vigouroux (Beyrouth, histoire et archéologie islamiques, édition de textes médiévaux syriens)

Août 2017 : Iyas Hassan (Beyrouth, littérature classique et populaire, édition de textes), Vanessa Guéno (Amman, histoire de l’époque ottomane dans les villes et campagnes en Syrie et Jordanie)

Des stages de langue arabe renommés

Dans le cadre spécifique de la formation linguistique, le DÉAMM coordonne un programme de formation linguistique en langue arabe : fort de 40 années d’expérience, le stage d’arabe en vue de la recherche et les stages intensifs accueillent chaque année environ 140 stagiaires de France, d’Europe et du monde entier venus se former en arabe à des fins professionnelles à l’Ifpo. Ces stages de langue, fleuron de la formation linguistique des arabisants, traditionnellement implantés à Damas depuis 1975, ont dynamiquement rebondi à Beyrouth où ils se sont désormais ancrés et ont diversifié leur offre de formation. Depuis 2014, les stages sont également proposés sur le site d’Amman où un espace dédié aux enseignements de langue permet d’accueillir à l’année une trentaine de stagiaires. L’accès, chaque année, d’enseignants, de chercheurs, de diplomates, de militaires, de journalistes, etc. à des carrières où la maîtrise de la langue arabe est nécessaire prouve en soi la qualité et la solidité de cette formation.

Formations doctorales et écoles d’été

 Le DÉAMM se trouve particulièrement investi dans les formations doctorales ou des écoles thématiques d’été au Liban, en Jordanie et à l’international (Turquie, France). En 2012, une formation doctorale sur l’Histoire des textes arabes anciens a vu le jour. Ce séminaire doctoral interuniversitaire a évolué dès 2016 et a investi le champ des Études critiques des manuscrits, archives et inscriptions arabes. Il implique dynamiquement 5 universités libanaises (Université Saint-Joseph, Université Libanaise, Université Saint-Esprit de Kaslik, Université de Balamand).

Dans le champ des études ottomanes, plusieurs formations doctorales ont été proposées depuis 2016 sous la forme d’écoles d’été, bénéficiant selon les années du soutien du GIS Moyen-Orient/mondes musulmans, du CNRS ou de l’AUF. Dans le cadre de programmes transversaux avec le DÉC, et en collaboration avec des institutions et universités partenaires (IFEA, OIB, CETOBaC, Ankara Sosyal Bilimler Üniversitesi, İbn Haldun Üniversitesi, JACMES, IREMAM), quatre écoles thématiques se sont tenues en 2016 à Amman, 2017 à Beyrouth et 2018 à Aix-en-Provence et Ankara. Elles proposent une formation à la lecture et l’analyse des sources issues de l’administration ottomane (Reading and Analysing Ottoman sources) sous forme d’ateliers paléographiques et philologiques.

Publications du DÉAMM (depuis 2015)

Le département des études arabes, médiévales et modernes dispose d’une collection aux Presses de l’Ifpo (PIFD) et d’une revue à parution annuelle, le Bulletin d’Études Orientales. Un comité de rédaction et un comité de lecture rassemblent des chercheurs français et internationaux, majoritairement extérieurs à l’Institut. Il permet de veiller à la qualité scientifique des ouvrages et articles publiés.

  • Van Renterghem, V., 2015 : Les élites bagdadiennes au temps des Seldjoukides, Presses de l’Ifpo, PIFD 284, 530 + 493 p.
  • Guéno V. et Knost S., 2015 : Lire et écrire l’histoire ottomane : examen critique des documents des tribunaux ottomans du Bilād al-Šām, Beyrouth, Ifpo – OIB, PIFD 813, 226 p.
  • Bohas, G. et Hassan, I. (éd.), 2015 : Sīrat al-Malik al-Zāhir Baybars, vol. 13, Beyrouth, Presses de Ifpo, 485 p.
  • Bohas, G. et Hassan, I. (éd.), 2016 : Sīrat al-Malik al-Zāhir Baybars, vol. 14, Beyrouth, Presses de Ifpo, 488 p.
  • Bohas, G. et Hassan, I. (éd.), 2017 : Sīrat al-Malik al-Zāhir Baybars, vol. 15, Beyrouth, Presses de Ifpo, 477 p.
  • Valter, S., 2015 : Islamité et identité d’après Ali Sulayman al-Ahmad, Traduction, introduction et notes, Ifpoche 4, Bilingue 2, 288 p.
  • Koetschet, P. et Pormann, P.E., 2016 : La construction de la médecine arabe médiévale. Co-édition, Ifpo-IFAO, Beyrouth, PIFD 812, 192 p.
  • 2016 : Histoire du mouvement littéraire dans l’Église Melchite du Ve au XIXe siècle (Vol. I – Période byzantine 451-634). Beyrouth, co-édition Ifpo-CERPOC-Éditions de l’USJ, 2016, 256 p.
  • Al-Akra, H., 2016 : L’histoire de Baalbek à l’époque médiévale d’après les monnaies (636-1516), Beyrouth, Presses de l’Ifpo, 2016, PIFD287, 352 p.
  • L’Hopital, J.-Y., 2016 : Al-Tā’iyya al-Kubrā de ‘Umar b. alFāriḍ., traduction et commentaire, édition bilingue. Beyrouth-Damas, Presses de l’Ifpo. PIFD 289, 264 p.
  • Bulletin d’Études Orientales 64 (2015), 2016 : Histoire et anthropologie des odeurs en terre d’Islam à l’époque médiévale (sous la direction. J. Bonnéric), Beyrouth-Damas, Presses de l’Ifpo, PIFD 964, 390 p.
  • Hassan, I., (dir.), 2017 : La littérature aux marges du ʾadab. Regards croisés sur la prose arabe classique, Marseille et Beyrouth, Presses de l’Ifpo et Diacritiques Éditions, 361 p.
  • Bulletin d’Études Orientales 65 (2016), 2017 : Mélanges en mémoire de Djamel Eddine Kouloughli, (sous la direction de Georges Bohas et Bruno Paoli), Beyrouth-Damas, Presses de l’Ifpo, 302 p.
  • Eychenne, M., Meier, A., Vigouroux, E., 2018 : Le waqf de la mosquée des Omeyyades de Damas, le manuscrit ottoman d’un inventaire mamelouk établi en 816/1413, Presses de l’Ifpo, PIFD 292, 738 p.
  • Bulletin d’Études Orientales 66 (2017), 2018 : Pouvoir et culture dans le monde arabe et musulman médiéval : études dédiées à la mémoire de Thierry Bianquis, (sous la direction de Abbès Zouache), Presses de l’Ifpo.
  • Hassan, I., 2018 : Moïse l’Africain, migration de récits et brassage de mythologies en Afrique Subsaharienne, édition critique, traduction et commentaires, Ifpoche 5, bilingue 3, 138 p.
  • Mouton, J.-M., Guilhot J.-O. et Piaton, C., 2018 : Portes et murailles de Damas, de l’Antiquité aux premiers Mamlouks. Histoire, architecture, épigraphie, Presses de l’Ifpo, PIFD 293, 355 p.

Les Carnets de l’Ifpo (DÉAMM)

Les Carnets de l’Ifpo (plateforme Hypotheses.org) demeurent également un support d’édition du DÉAMM, abritant des billets thématiques assez courts. Parmi les derniers publiés :

Un département récompensé pour sa production scientifique

  •  Van Renterghem, V., 2015 : Les élites bagdadiennes au temps des Seldjoukides, Presses de l’Ifpo, PIFD 284, 530 + 493 p. Premier prix d’histoire du monde arabe de l’Institut du monde arabe (IMA) le 21 mai 2016.
  • Al-Akra, H., 2016 : L’histoire de Baalbek à l’époque médiévale d’après les monnaies (636-1516), Beyrouth, Presses de l’Ifpo, 2016, PIFD287, 352 p. Ouvrage récompensé en 2018 par la médaille Drouin, prix de numismatique orientale décerné par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.