Département d’archéologie et d’histoire de l’Antiquité

Département d’archéologie et d’histoire de l’Antiquité (DAHA)

Directeur : Dominique Pieri

(dernière mise à jour : 16/11/19)

Le département d’archéologie et d’histoire de l’Antiquité (DAHA) est un acteur historique régional important puisqu’il est l’héritier direct de l’Institut français d’archéologie de Beyrouth crée en 1946 (devenu Institut français d’archéologie du Proche-Orient en 1977). Depuis l’origine, sa fonction principale demeure la même avec comme périmètre d’action de servir de plateforme au développement de la recherche scientifique, à la coopération, aux programmes de formation et à la diffusion des connaissances. Ses activités concernent les  études historiques et l’archéologie du Proche-Orient, depuis la préhistoire jusqu’à l’avènement de l’islam, dans les cinq zones de compétence de l’institut : Liban, Jordanie, Irak, Territoires Palestiniens et Syrie.

Le DAHA a la particularité d’intervenir dans des zones de crise et souhaite se placer au centre aux enjeux et des défis que le monde archéologique aura à relever dans les années futures, en développant des outils efficaces et adaptés à la nouvelle pratique de la discipline que l’on pourrait qualifier désormais d’« archéologie des conflits ».

Gerasa (Jérash en Jordanie)

L’équipe du DAHA se compose actuellement de 9 chercheurs en poste (4 chercheurs MEAE, 4 chercheurs CNRS, 1 doctorant AMI) ainsi que de 17 chercheurs associés.

Axes de recherches

La programmation scientifique du département « Archéologie et histoire de l’Antiquité » de l’Ifpo s’articule autour de six axes principaux de recherche, regroupant chacun plusieurs programmes. Ils sont en cohérence avec les opérations de terrain menées par les différentes missions archéologiques françaises et avec les manifestations scientifiques organisées pendant l’année par l’Ifpo. Ils participent d’une stratégie coordonnée qui souhaite prendre en compte à la fois :

  • l’état des connaissances, les grands questionnements et les enjeux actuels de la recherche internationale,
  • les thèmes de recherche développés par les équipes de recherche métropolitaines et par les chercheurs de l’Ifpo,
  • les demandes des partenaires locaux,
  • les compétences disponibles.

Ces axes et programmes sont les suivants :

Axe 1 — Patrimoine et mémoire. Écriture de l’histoire et production culturelle

Axe 2 — Le fait religieux au Proche-Orient

Axe 3 — Eau, gestion des ressources et développement

Axe 4 — Territoires et sociétés

Axe 5 — Funéraire

Axe 6 — Culture matérielle et archéologie des techniques

 

Fouilles de Tyr (Liban)-Mission de P-L. Gatier, 2008

Il faut ajouter à cela plusieurs programmes de recherche individuels menés par les chercheurs de l’Ifpo, l’appui scientifique, institutionnel et logistique apporté à la vingtaine de missions archéologiques relevant de la « Commission des fouilles » du ministère français des Affaires étrangères et travaillant dans la région, ainsi que le soutien qu’apporte l’Ifpo à plusieurs opérations locales de mise en valeur patrimoniale ou muséographique.
De façon plus ponctuelle, mais en restant dans le cadre de sa programmation scientifique propre, le département « Archéologie et histoire de l’Antiquité » de l’Ifpo accorde aussi son aide à de petites entreprises souples de recherche, qui trouveraient difficilement leur place à la Commission des fouilles ou à l’Université, voire au CNRS, en particulier lorsque les personnes engagées ne sont pas titulaires, l’un des objectifs étant notamment d’aider à promouvoir les travaux de jeunes chercheurs.

Moyens et méthodes

Amman, le théâtre

Pour mener ces projets de recherche, les méthodes de travail utilisées recourent essentiellement à la fouille, à la prospection et au relevé de vestiges conservés en surface, à l’étude des sources et documents préservés dans les divers musées et collections de la région, aux recherches en bibliothèque, aux travaux de laboratoire, parfois à des opérations de restauration ou de mise en valeur. Au-delà de ces programmes, une attention particulière est portée aux études « régionales » qui associent plusieurs thèmes et méthodes, en vue de l’étude d’une région sur de longues périodes et aux travaux de sauvetage (fouilles préventives de sauvetage et relevé de sites ou de monuments menacés).
Le département « Archéologie et histoire de l’Antiquité » de l’Ifpo souhaite rester en pointe dans l’évolution rapide à laquelle on assiste de ces méthodes de travail, notamment provoquée par l’avènement de « l’ère numérique » (recours accru, par exemple, à la géomatique et à ses systèmes d’information géographique SIG, etc.), ou par le renforcement des liens établis entre l’archéologie et d’autres disciplines, relevant en particulier des sciences de la terre et des sciences de la vie. Ici comme ailleurs s’impose désormais la pluridisciplinarité, d’autant que l’éventail des recherches ne se réduit pas à l’archéologie stricto sensu, mais concerne aussi de nombreux champs disciplinaires comme l’histoire, l’épigraphie, la numismatique, les études religieuses, économiques, anthropologiques, littéraires, artistiques, etc.

Pour faire le point sur les travaux en cours et mettre en valeur les résultats obtenus, colloques, séminaires, conférences, écoles doctorales sont régulièrement organisés (voir l’agenda), offrant autant d’occasions de réunir les chercheurs travaillant dans la région.

Ces travaux sont principalement publiés dans la revue Syria (fondée en 1922) et dans les volumes de la Bibliothèque archéologique et historique (BAH), intégralement préparés et fabriqués à l’Ifpo et diffusés par lui (aux Presses de l’Ifpo à Beyrouth).

En matière d’archéologie et de sciences de l’Antiquité, l’Ifpo dispose, pour ses propres équipes et, sous certaines conditions, pour celles qui en font la demande, de véhicules de service et de chambres d’hôtes. Il possède également du matériel topographique et technique (niveaux, théodolites, stéréoscope, etc.). Il peut mettre à la disposition des chercheurs ses riches bibliothèques, cartothèques, photothèques, mais aussi ses moyens en matière de traitement des images ou de petite restauration des objets (notamment métalliques et en céramique). Il accueille ainsi chaque année de nombreux chercheurs et étudiants de passage, venant de France ou d’autres pays.

Partenariats

L'Agora de Palmyre (Syrie), vue restituée

Une étroite collaboration est entretenue avec les directions des antiquités de Syrie (DGAMS), du Liban (DGAL), de Jordanie (DoAJ), d’Irak (SBAH) et des T.P (DACH) par lesquelles l’Ifpo est d’ailleurs régulièrement sollicité, mais aussi avec les départements d’histoire, d’archéologie ou d’anthropologie des différentes universités locales (notamment l’Université du Yarmouk à Irbid en Jordanie, les Universités de Damas, d’Alep et de Lattaquié en Syrie, l’Université Saint-Joseph, l’American University of Beirut, ou l’Université Libanaise au Liban). À leur demande et en lien avec eux, l’Ifpo contribue à l’étude, à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine archéologique régional, à l’organisation de séminaires, colloques et rencontres et à la formation de chercheurs et techniciens locaux. Il organise régulièrement avec ses partenaires des stages de formation technique et méthodologique en archéologie.

En France, outre le soutien du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), accru depuis que l’Ifpo est devenue une Unité de service et de recherche (USR n°3135) du CNRS, les collaborations se développent principalement avec les structures de recherche présentes en région parisienne (Maison René Ginouvès, Nanterre), à Lyon (Maison de l’Orient et de la Méditerranée) et à Bordeaux (Ausonius), mais aussi avec de nombreuses autres universités et équipes de chercheurs françaises, européennes ou nord-américaines et avec des institutions comme le Musée du Louvre.

u total, il s’agit donc de poursuivre l’œuvre entreprise il y a maintenant plus de soixante ans lorsque fut créé en 1946 l’Institut français d’archéologie de Beyrouth (Ifab), devenu en 1977 Institut français d’archéologie du Proche-Orient (Ifapo), ou même depuis un siècle et demi si l’on considère que les premières impulsions à nos activités d’aujourd’hui furent données à l’époque où Victor Place lançait vers 1850 dans la région du Tigre les fouilles de Khorsabad, où Melchior de Vogüé publiait son magistral ouvrage Syrie centrale : architecture civile et religieuse (1864-1877) et où Ernest Renan achevait sa Mission de Phénicie (1865-1874).