Lieu : École Supérieure des Affaires, Rue Clemenceau, Beyrouth
Organisation :
Orient Institut Beirut (OIB)
Friedrich Ebert Stiftung
Institut français du Proche-orient
Contact : Olfa Lamloum ou Michel Tabet
Depuis le milieu des années 1990, le champ médiatique moyen-oriental n’a cessé de se complexifier impliquant une multitude d’acteurs et de supports matériels. L’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication a ainsi contribué à établir un nouvel espace de mise en scène des actions collectives et permit l’apparition de mobilisations médiatiques sociales et politiques inédites. Cette nouvelle configuration a conféré, dès lors une place de plus en plus importante à l’image.
La multiplication des chaînes documentaires ou d’information continue panarabes, l’émergence d’une nouvelle vague de documentaristes arabes, l’usage croissant de YouTube, des blogs et de la téléphonie mobile par les entrepreneurs de cause, la multiplication des programmes sur l’islam et le monde arabo-musulman dans les chaînes occidentales, participent toutes de la profusion des images dites « du réel » produites par ou sur le Moyen Orient.
D’emblée, la mise en relation de ces différentes (re)constructions impliquant l’image conduit à une évidence première : il est difficile de définir de façon univoque l’image qualifiée de « documentaire ». Chaque mise en œuvre de celle-ci semble reposer sur le postulat qu’elle est porteuse intrinsèquement d’une réalité sociale, sinon de sa vérité. Il est pourtant évident que sa production nécessite la médiation de techniques variées, de recours méthodologiques également diversifiés, et l’implication d’enjeux multiples leur donnant vie et sens. Ce constat soulève inévitablement la question de la légitimité de ces images reliée à leur vocation dynamique dans les sociétés concernées et à une interrogation éthique sur leur capacité de révéler « le Réel ».
L’économie de ces images reflète leur incertitude conceptuelle. Les réseaux sociaux et économiques les manipulant sont multiples et variés. Ils s’échelonnent sur une large palette depuis des collectifs militants sur Internet, jusqu’aux chaînes télévisuelles spécialisées intégrant des logiques financières et éventuellement politiques, en passant par les réalisateurs de documentaires motivés avant tout par la création cinématographique.
Cette nouvelle édition du Beirut Media Forum (BMF) se propose d’interroger la diversité notionnelle et la polysémie des usages des images « documentaires ». Nous nous attacherons particulièrement à l’analyse des procédures et des dispositifs de fabrication de ces images ainsi qu’aux rôles et aux fonctions qu’elles recèlent dans des contextes de sensibilisation, d’influence et de mobilisation au Moyen-Orient ou, au-delà, dans le regard qui est porté sur lui.
En mobilisant plusieurs approches disciplinaires, notre colloque ambitionne de mettre en perspective la construction et l’impact de ces images « documentaires » sur les mobilisations collectives dans leur diversité, mais aussi de leur réflexivité, c’est-à-dire de la manière dont elles témoignent de cette dynamique. L’anthropologie visuelle sera mise à contribution pour aider à dégager la place et le rôle de l’image dans ces mobilisations mais aussi dans l’analyse critique de ce nouveau « réalisme » médiatique.
Vidéo et Internet. Autoportraits, mémoires et mobilisation des identités religieuses.
Jean-Claude Penrad, anthropologue, EHESS, France
Filmer le rituel.
Michel Tabet, anthropologue, Liban
Le réalisme au service des mobilisations.
Jakob Skovgaard-Petersen, historien des religions, Faculté des études interculturelles et des sciences régionales, Université de Copenhague, Danemark
Réalisation et changement social.
Patrick Hazard, directeur du London International Documentary Festival, Royaume-Uni
Les documentaires sur les droits de l’homme à la télévision arabe et leurs effets sur la mobilisation politique.
Naomi Sakr, sociologue, University of Westminster, Royaume-Uni
La toile arabe à l’oeuvre : comment les réseaux en ligne refaçonnent-ils l’action réelle dans le monde arabe ?
Donatella della Ratta, politologue, Université de Copenhague, Danemark
Le conflit israélo-palestinien en images.
Irit Neidhardt, distributrice de film, Mec filmservices Berlin, Allemagne
Le "caché" et l´"exhibé" : YouTube et les "mobilisations" politiques au Liban (2005-2008).
Christophe Varin, directeur du Centre d´études sur le monde arabe moderne, USJ, Liban
La figure de l´étranger dans le cinéma documentaire.
Frédérique Devillez, doctorante, EHESS, Belgique
Le documentaire dans les réalités limitées.
Orwa Nyrabia, directeur du DoxBox , Syrie
Jad Abi Khalil, réalisateur, Beyrouth DC, Liban
Rania Stephan, réalisatrice, Liban
Traduction simultanée disponible (arabe, anglais et français)