O. Mir-Kasimov (chercheur associé à l’UMR 8167 Orient et Méditerranée)
D. Aigle ; G. Aminova (Harvard University) ; H. Ansari (Doctorant, Ephe) ; K. Babayan (University of Michigan) ; S. Bashir (Stanford University), D. DeWeese (Indiana University) ; O. Ghaemmaghami (University of Toronto) ; W. Halawi (Doctorant, Université de Paris 1), D. Hermann (Post-doctorant) ; M. Hess (Georg-August-Universität Göttingen) ; A. Karakaya (Harvard University) ; A. Karamustafa (Washington University) ; M. Karimi-Zanjani-Asli (Téhran) ; R. Kouhkan (Institut Iranien de Philosophie) ; T. Lawson (University of Toronto) ; P. Lory (Ephe/Ifpo) ; M. Membrado (Inalco) ; L. Moharreri (Doctorante, Paris 3) ; Y. Ocak (Hacettepe University) ; E. Orthmann (Bonn University) ; A. Papas (Cnrs), S. Schmidtke (Freie Universität Berlin) ; I. Surani (Doctorant, Ephe) ; F. Usluer (Bilkent University) ; S. Vali (Doctorant, Ephe) ; T. Zarcone (Cnrs).
Programme Ifpo et UMR 8167 « Orient et Méditerrane », en partenariat avec l’Ifea (Istanbul), l’UMR 8032 « Études turques et ottomanes », l’UMR 8584 « Laboratoire d’études sur les monothéismes ».
L’invasion mongole et l’effondrement du pouvoir califal ont profondément bouleversé le monde musulman en suscitant une reconsidération des références fondamentales de l’islam et un intense questionnement sur les formes de son évolution ultérieure. Dans la sphère doctrinale et idéologique, cet événement s’est traduit par un changement du rapport des forces entre le "centre" et la "périphérie".
La réorganisation des courants théologiques, philosophiques et mystiques constituant le noyau central de la tradition musulmane implique notamment l’atténuation de l’opposition entre les deux principales fractions de l’islam, à savoir le sunnisme et le chiisme, et la formation des confréries soufies. Dans ce contexte, se renforce le rôle des mouvements périphériques à forte orientation messianique souvent fondée sur une doctrine ésotérique, réactualisant notamment les données des "sciences occultes" (astrologie, alchimie, science des lettres et des nombres, etc.) traditionnellement associées à des finalités eschatologiques. Du point de vue de leurs origines, ces mouvements se rangent dans un large spectre : certains d’entre eux se situent dans la continuation d’une lignée "majoritaire" (comme les différentes branches du soufisme ou du chiisme, voir par exemple les Nûrbakhshî, les premiers Safavides, etc.), tandis que les affiliations d’autres (Hurûfî, Nuqtavî, Bâbâ’î, Ahl-i Haqq, etc.) sont plus controversées et difficiles à reconstituer. Doctrinalement et parfois aussi politiquement, ces mouvements sont un important facteur de modification et d’évolution de la "norme" de l’islam. La vision du monde de ces mouvements, ouverte à des influences venant de traditions religieuses autres que l’islam, fait d’eux un important canal d’échange entre l’islam et les civilisations avoisinantes, juive et chrétienne avant tout, mais aussi avec les traditions non-monothéistes comme le chamanisme turco-mongol ou les religions indiennes. Étant donné leur caractère transfrontalier, l’histoire et les doctrines de ces mouvements font partie de l’héritage commun des pays musulmans, au sein desquels les groupes issus de cette tradition ou des traditions similaires occupent une place importante encore de nos jours (Druzes au Liban, Nusayrî/Alawites en Syrie, Bektashis et Alevis en Turquie, etc.).
Malgré l’existence de nombreuses études sous la forme de monographies ou d’ouvrages collectifs qui en donnent un aperçu panoramique comme les travaux de K. Babayan, M. Bar-Asher, S. Bashir, A. Karamustafa, I. Mélikoff, M. Moosa, Y. Ocak, etc. auxquels s’ajoutent des ouvrages collectifs récents : Mahdisme et millénarisme en Islam (éd. M. Garcia-Arenal), Imagining the end : visions of Apocalypse from the ancient Middle East to modern America (éd. A. Amanat et M. Bernhardsson) et Syncrétismes et hérésies dans l’Orient seldjoukide et ottoman (XIVe-XVIIIe siècle) (éd. G. Veinstein), le phénomène reste encore très peu connu dans son ensemble.
Partant de ce constat, ce projet s’articulera autour des axes suivants, l’objectif étant d’étudier la question dans la diversité de ses aspects doctrinaux, historiques, sociaux et politiques, notamment de manière comparative :
Le projet réunit actuellement plus d’une vingtaine de chercheurs français et étrangers (sont représentés notamment : les États-Unis, le Canada, l’Europe, l’Iran, la Turquie).
Activités sur la période quadriennale : séminaire trimestriel à partir de la rentrée 2008, tables rondes à l’automne 2010 et 2011 suivies de la publication des Actes, et colloque final en 2012 qui pourrait faire participer des spécialistes des mouvements “hétérodoxes” d’autres religions, suivi de la publication des Actes en 2013.