Habitat et pauvreté au Proche-Orient (2008-2010)

Le projet développera les aspects économiques, politiques et sociaux de l’habitat des pauvres dans les villes du Proche-Orient. Il fera des investigations sur trois dimensions principales : l’accès des pauvres au logement et les dynamiques résidentielles, les marchés fonciers et immobiliers de cet habitat et les politiques et l’action publiques qui le traite. Des croisements entre le thème de recherche et ceux du patrimoine urbain, de l’histoire des villes et, pour le Liban, de la reconstruction seront établis et donneront lieu à des recherches et des ateliers particuliers.

Intérêt scientifique

La généralisation des processus de mondialisation et de métropolisation, la recrudescence des conflits et des mouvements de réfugiés et l’augmentation des migrations économiques bouleversent les villes du Proche-Orient. Les marchés fonciers et immobiliers des grandes villes atteignent des sommets devant l’accroissement de la demande et le manque de régulation. Les appartements de luxe du centre de Beyrouth sont vendus avant d’être construits, les logements de Amman subissent une hausse vertigineuse, les écarts de richesses se creusent, la fracture sociale s’accompagne d’une fragmentation spatiale (M. Lavergne), les quartiers précaires subissent une forte pression. Les modalités d’accès à la terre et au logement se transforment et la question de l’habitat des pauvres prend une ampleur nouvelle. Ce programme de recherche propose d’aborder la question l’habitat des pauvres dans les villes du Proche-Orient, dans la continuité des recherches sur l’accès des pauvres au logement et à la ville dans les pays du Sud (UN-Habitat, M. Davis, A. Durand-Lasserve et L. Royston, E. Fernandes et A. Varley, A. Deboulet, M. Bertrand, M. Fawaz) et de celles sur les politiques urbaines et ses acteurs dans le monde arabe (PRUD, P. Signoles, G. el-Kadi et R. Sidi-Boumedine, F. Navez-Bouchanine, E. Verdeil, T. Souami, M. Harb, V. Clerc).

Un tel programme se situe dans le prolongement des recherches sur le fait urbain en cours à l’Ifpo, qui abordent toutes la question de l’habitat précaire. Le programme « L’urbanité des marges : réfugiés, migrants et relégués dans les villes du Proche-Orient» (N. Puig & M. K. Doraï) explore l’insertion des migrants dans les espaces marginaux de résidence à travers leurs mobilités et l’émergence de cultures urbaines spécifiques. Le programme « CITADAIN - Comparer l’Intégration des Territoires et l’Adaptation du Droit dans le monde Arabe et Indien » (B. Dupret) travaille sur l’habitat informel dans la région. L’Ifpo mène des recherches sur les politiques publiques de gestion de l’habitat informel en Jordanie (M. Ababsa 2006), et d’autres sur la marginalité et la précarité urbaines. L’accès au logement dans les quartiers précaires est un point nodal de ces dernières, qui l’abordent par le droit foncier et les transactions, les pratiques et les stratégies d’accès au logement et des politiques d’équipement et de déplacement de ces quartiers (table ronde en juin 2007). Des croisements fructueux peuvent être établis pour les questions urbaines en Jordanie avec le programme « La gestion de la pauvreté : de la mesure aux politique d’assistance » qui tente de mettre en lumière les soubassements idéologiques, socio-économiques et politiques de cette gestion (J. Al-Husseini, H. Jaber). L’habitat populaire traditionnel est une dimension des recherches de l’équipe qui travaille sur le Vieux Damas. Les atlas du Liban, de Syrie et de Jordanie informent cette question. Enfin, le programme « Les quartiers d’habitat précaire de l’agglomération de Beyrouth » mené en collaboration avec l’AUB (M. Fawaz et I. Peillen) entre directement dans la problématique de cette recherche dans ses dimensions de cartographie, de genèse et de fonctionnement des quartiers informels.

Conçu à la fois en élargissement et en complémentarité par rapport à ces programmes, le programme de recherche envisage d’étudier les aspects économiques, politiques et sociaux de l’habitat des pauvres. Il en développera trois dimensions principales : l’accès à cet habitat et les dynamiques résidentielles, ses marchés fonciers et immobiliers et les politiques et l’action publiques qui le traite.

Problématique et questionnements

Des multiples filières d’accès à la terre et au logement urbains pour les pauvres, les quartiers précaires prédominent. Près d’un milliard de personnes vit aujourd’hui dans des bidonvilles, soit le sixième de la population mondiale et la moitié des habitants des villes des pays en développement. Ces quartiers abritent en moyenne le tiers de la population urbaine de l’Asie de l’Ouest (UN-Habitat 2003). Le Proche-Orient n’échappe pas à cette tendance et ces quartiers sont présents dans les villes de la région (quartiers illégaux, lotissements irréguliers, camps de réfugiés…). Ils représentaient au début des années 2000 plus de 20 % des habitants de Beyrouth, plus du tiers des habitants d’Amman et environ la moitié des villes de Damas et d’Alep. Ils continuent aujourd’hui de s’étendre, en lien avec la recrudescence de l’arrivée de migrants et de réfugiés et en dépit de politiques qui cherchent à en contrer l’extension.

Ces quartiers ne sont pas les seuls lieux d’accueil des plus pauvres et, pour de nombreuses villes, ceux-ci habitent majoritairement hors de ces quartiers (UN-Habitat 2003). D’autres filières leur permettent de se loger de façon diffuse, dans des interstices de la ville formelle. Ainsi les locataires protégés par les anciennes lois de blocage des loyers, les personnes hébergées, d’autres résidant sur leur lieu de travail (sur les chantiers, chez l’employeur…) ou dans les centres anciens dégradés (Tripoli, Alep, Saïda, Damas), les travailleurs temporaires sous tentes, les personnes autorisées à bâtir un abri sur un terrain inoccupé (parfois waqf), les colocataires de chambres à louer, les occupants du domaine public et des trottoirs, les personnes isolées à grande distance des centres et des infrastructures…

Ce programme fait l’hypothèse de l’existence de liens entre ces espaces d’habitat concentrés et diffus (parcours résidentiels, petite promotion…) et propose d’analyser l’habitat des pauvres dans cette dimension large. L’objectif est de réunir et de produire des données empiriques sur une situation qui s’étend. Quelles sont les différentes filières d’accès à la terre et au logement, comment évoluent-elles et engendrent-elles des transformations urbaines? Quels sont en les espaces, les caractéristiques, les dynamiques résidentielles ? Quels sont les types et les principes des politiques publiques qui les traitent, quels sont les acteurs et comment l’action publique s’organise autour de cette question ?

Le projet s’inscrit dans la prolongation d’une série d’études et de recherches sur la ville des pauvres au Proche-Orient dont elle intègrera les données. L’accès à la terre et au logement y est inégalement étudié. Les quartiers illégaux, irréguliers, informels et les camps de réfugiés font ou ont fait l’objet de nombreuses recherches dans les grandes villes du Liban, de Jordanie et de Syrie sur les questions historiques, légales, foncières, géographiques, politiques et sociales (M. Harb, M. Fawaz, I . Peillen, V. Clerc, J.-C. David, M. Ferrier, F. Balanche, O. Razzaz…). Des travaux d’étudiants des universités locales et européennes les étudient régulièrement, parfois dans le cadre d’ateliers communs. Plusieurs programmes financés par la coopération française ou des bailleurs internationaux ont un volet sur l’habitat informel ou précaire. C’est le cas du programme européen sur la Modernisation de l’administration municipale en Syrie (Damas, Alep, Tartous, Homs, Lattaquié, Deir ez-Zor), celui de la Banque mondiale sur la réhabilitation du patrimoine des centres-villes au Liban (Tripoli, Tyr, Baalbek, Jbail) ou la Stratégie de développement urbain (CDS) d’Amman financée par Cities Alliance. Les études sur les centres-villes et les quartiers péricentraux à Beyrouth abordent la question des habitants pauvres en s’interrogeant sur la possibilité de préserver l’habitat populaire tout en réhabilitant. Ils recommandant le couplage la restauration du patrimoine avec un travail social (J. Tabet, H. Debs). Des mêmes questions sont apparues dans le projet de réhabilitation des infrastructures de la vieille ville d’Alep. Des études ont également été réalisées par des associations locales sur la réhabilitation de quartiers populaires à Beyrouth.

Trois axes structureront la recherche. Au Liban et en Jordanie, des bilans seront établis à partir des données existantes et des recherches seront lancées. La recherche personnelle concernera la Syrie.

Axe 1 - Caractérisation et formation de l’habitat des pauvres et dynamiques résidentielles

La recherche tentera d’établir une typologie de l’habitat des pauvres. Elle réunira les données existantes et fera un bilan des connaissances sur les caractéristiques de cet habitat par type : poids de la population, localisation, croissance et évolution des espaces, concentration, taille, sécurité foncière, titres, accès aux infrastructures et aux services (eau, électricité, routes, transports, écoles, santé), emplois et revenus des ménages (en relation avec les définitions de la pauvreté), part du logement dans les dépenses. On portera une attention particulière à l’analyse de la formation des quartiers et de l’émergence de filières particulières, clefs de la compréhension de l’intervention publique et de son impact. Le cadre historique, foncier, légal et politique sera analysé.

Une attention particulière sera portée aux dynamiques résidentielles. Les modes d’accès à l’habitat précaire et ses marchés fonciers et immobiliers restent mal connus au Proche-Orient. Plusieurs études de cas existent, notamment au Liban (Fawaz 2005, Deboulet 1993), et permettent de poser des hypothèses en termes de stratégies patrimoniales et résidentielles. L’habitat pauvre diffus reste peu analysé. Posant l’hypothèse de l’existence de passages entre les types d’habitat dans les trajectoires résidentielles, les mobilités et les stratégies résidentielles seront étudiées. Pour cela, une attention particulière sera portée aux parcours des nouveaux installés. Des études dans d’autres pays ont montré que les nouveaux arrivants sont loin d’être toujours des migrants ruraux récents et ont généralement un parcours résidentiel urbain avant de s’installer (Deboulet 1994, Clerc 2007). On posera cette hypothèse pour les villes du Proche-Orient où les migrations internationales prennent une place prépondérante et les migrants s’installent sur la durée (Migrinter). L’attention sera également portée sur les premiers temps de l’arrivée en ville, sur le rôle des réseaux d’entraide, sur les périodes de logement temporaire, de colocation et/ou d’hébergement (famille, amis, connaissances lieu de travail)

Axe 2 - Les marchés fonciers et immobiliers

La recherche identifiera les différents modes d’accès au foncier et au logement. Elle analysera les pratiques et les procédures de transaction et les resituera dans le cadre des procédures officielles de transfert du marché formel. Les marchés de l’habitat des pauvres forment système avec les marchés fonciers et immobiliers formels (en outre, les habitants passent de l’un à l’autre). Il faudra situer les différentes strates des marchés formels et informels les uns par rapport aux autres et en identifier les éventuels recouvrements. À cet effet, il sera opportun d’actualiser l’étude réalisée il y a dix ans au Cermoc sur marchés fonciers et immobiliers de Beyrouth (Aveline 1997). Des données sur ce sujet devront être rassemblées ou créées sur la Syrie et la Jordanie.

La recherche identifiera les zones d’informalités des procédures de transaction et les processus informels. Elle tentera d’appréhender l’ampleur, le fonctionnement et la valeur du marché par type d’accès. Elle s’intéressera tout particulièrement aux modes de financement (épargne, emprunt usuraire, bancaire, de micro-crédit ou sans intérêt, revente d’un bien…). Elle tentera d’évaluer l’importance de l’accès gratuit dans des situations d’hébergement, de squat ou d’occupation du domaine public et les stratégies d’accès à coût réduit (achat en copropriété…). Enfin, elle tentera de donner une image du type d’habitat auquel accède un ménage suivant son revenu.

Axe 3 - Action publique et habitat des pauvres

Beaucoup reste à connaître de l’action publique et de ses acteurs face à l’habitat des pauvres au Proche-Orient. D’un site à l’autre, d’une époque à l’autre, les formes, les dispositifs et les objectifs diffèrent : destructions, politiques du logement, politiques d’aménagement de l’espace ou de rééquilibrage des territoires, déplacement, relogement ou équipement des quartiers informels, grands projets de reconstruction… L’habitat des pauvres subit également l’impact des programmes de réforme administrative, de la modification des réglementations, de la mise en place de produits bancaires subventionnés… Nombres d’acteurs publics et privés interviennent sur l’habitat des pauvres : pouvoirs locaux (députés, municipalités…), associations (caritatives, locales, internationales…), communautés d’habitants, partis politiques, institutions confessionnelles, communautés religieuses, organismes internationaux, acteurs privés (émigrés de retour, mécènes, notables), professionnels de l’immobilier, administrations, prestataires de services… Quels projets sont mis en œuvre et par qui ? Quels principes et objectifs sous-tendent ces actions ? Quels rôles ont ces acteurs, publics et privés ? Quelles coopérations, quelles modalités de coordination ou de côtoiement existe-t-il entre eux ? L’analyse des logiques communautaires, professionnelles, politiques, idéologiques et stratégiques permettra de faire apparaître les principes de l’action publique sur l’habitat des pauvres.

Méthode et calendrier

Ce projet à entrées multiples permet un travail pluridisciplinaire sur plusieurs sites. La ville est un lieu de réflexions croisées qui invite à porter un regard sur l’urbain qui emprunte aux concepts développés par de nombreuses disciplines (géographie, économie, droit, démographie, politique, sociologie…). La recherche sur l’urbanisme est en elle-même interdisciplinaire, en ce qu’elle est recherche sur l’action et la décision. Les concepts, notions et méthodes de recherche emprunteront à ces disciplines.

Dans une première phase, on réunira les travaux existants sur la question de l’habitat des pauvres (recherches, rapports, statistiques, documents de projets, textes législatifs), on les analysera et synthétisera, on collectera les informations sur les dynamiques des marchés, les pratiques et sur les acteurs et les politiques. Après avoir identifié les manques, on identifiera les études à mettre en place et les recherches à susciter. Des entretiens complémentaires auront lieu avec des personnes ressources. Un bilan écrit sera réalisé. Un comité scientifique sera réuni pendant cette première phase pour préciser et affiner la problématique. Deux séminaires de travail réuniront les chercheurs concernés, l’un au début pour présenter la recherche, l’autre en fin de phase pour présenter les premiers résultats et identifier et lancer les recherches de terrains complémentaires à réaliser. Les terrains d’enquête seront choisis.

Deux séries d’enquêtes de terrain auront lieu dans la seconde phase, suivant les méthodes d’enquête sociologique. Des entretiens avec les acteurs intervenant sur les zones d’habitat des pauvres seront réalisés pour identifier leur action. D’autres seront réalisés sur l’habitat avec des personnes ressources, des représentants d’associations et des pouvoirs locaux et avec des habitants qui viennent de déménager, sur les modes d’accès au logement, les trajectoires résidentielles, les modes de vie, les caractéristiques des logements… Les résultats seront synthétisés dans un document.

Des ateliers intermédiaires seront organisés fin 2008 et en 2009 sur des thèmes abordés dans les axes du projet, sur l’habitat des pauvres et le patrimoine et sur la reconstruction de la banlieue sud de Beyrouth. D’autres seront organisés avec les Observatoires du pourtour méditerranéen. On peut espérer un colloque final courant 2010.

Les documents intermédiaires pourront faire l’objet d’articles ou de documents qui pourront être publié dans Ville et Territoire au Moyen-Orient. Le document final fera l’objet de valorisation et de diffusion.

Prolongements et ouvertures

Ce programme offre la possibilité d’une ouverture vers des recherches complémentaires sur le patrimoine, la reconstruction et l’histoire spatiale urbaine.

Le patrimoine urbain

Le thème proposé offre la possibilité d’étudier le patrimoine urbain et de réaliser un atelier transversal sur patrimoine urbain et pauvreté dans les centres anciens et les quartiers péricentraux dégradés, qui constituent souvent des quartiers de logements à caractère social de fait. Les capitales et les villes secondaires des trois pays recèlent nombre d’interventions, projets, politiques, mobilisations populaires ou lobbies en faveur ou contre la préservation de ce patrimoine et en faveur ou contre la préservation des habitants dans ces espaces (au Liban, la destruction des bâtiments anciens est parfois le seul moyen de rompre un contrat de location avec ses habitants). L’occupation traditionnelle du tissu urbain en est généralement transformée. Et tant la destruction du patrimoine ancien que les projets de réhabilitation du patrimoine urbain des centres dégradés provoquent des renouvellements urbains et des modifications profondes, que l’on tentera d’appréhender, dans les marchés fonciers et immobiliers de l’habitat des pauvres. On envisage également étudier les effets sur les marchés d’actions associatives de réhabilitation esthétique à caractère social réalisées dans la capitale libanaise (Karm el-Zeitoun, Tabaris, Hamra) et sa banlieue (Help Lebanon). A Damas, le travail se fera en collaboration avec l’atelier du Vieux-Damas.

La reconstruction

L’analyse de la reconstruction des infrastructures et des quartiers de logements dans la banlieue sud de Beyrouth détruits lors de la guerre de juillet 2006 fait partie de la recherche proposée, incluant une comparaison des façons de faire de l’urbanisme. Alors que la communauté internationale et les organismes gouvernementaux sont mobilisés pour la reconstruction des infrastructures (Conférence de Paris de janvier 2007), la reconstruction des immeubles de logements endommagés ou détruits est largement le fait des partis politiques, des institutions confessionnelles et des associations (distribution de biens et d’argent, construction de logements…). Les projets et le système d’acteurs seront analysés pour poursuivre le travail de mise en évidence de la façon dont se fait l’urbanisme en banlieue sud (Harb 2005, Clerc 2002). L’étude pourra s’étendre sur la reconstruction des bourgs du Liban Sud.

Cartographie de l’histoire de la formation des banlieues de Beyrouth

Dans le prolongement du programme « Habitat précaire à Beyrouth », on envisage la poursuite de la cartographie des lotissements, entamée pour l’analyse de la formation des quartiers informels, et son extension à l’ensemble des lotissements, camps et remembrements autour de la ville, pour offrir une image dynamique de la fabrication des banlieues à partir de la formation de ses quartiers dès les années 1950 (des travaux existent pour les banlieues sud et est et pourraient être complétés avec les documents de la DGU). Cette recherche à caractère spatial s’inscrirait dans la logique cumulative du programme « La nouvelle carte du Proche-Orient » et s’inscrit dans la tradition de recherche de l’Institut portant sur les processus historiques de formation des villes.

Le programme est principalement axé sur le Liban, la Syrie et la Jordanie. On restera toutefois dans une attitude de veille attentive sur les informations venant d’Irak et des Territoires palestiniens sur le thème de cette recherche, qui y reste d’actualité malgré les situations de conflits. En 2005, les ministres irakiens des municipalités et des Travaux publics, de la construction et de l’habitat élaboraient ainsi à Amman avec UN-Habitat une nouvelle stratégie de réhabilitation des bidonvilles.

Programme de recherche collective associé et colloques

Ce programme offre un socle à la mise en place d’un programme de recherche collective sur la concurrence foncière avec le réseau des Observatoires et Programme urbains de la Grande Méditerranée. Par ailleurs, il s’articule avec des projets de collaboration avec les institutions locales sur les mutations contemporaines de Damas avec la Faculté d’architecture de l’Université de Damas et sur le néolibéralisme et la ville avec l’American University of Beirut, le Issam Fares Institute, l'Université Germano-jordanienne et la Dubai School of Management.

Recherche comparative sur les villes méditerranéennes

Ce programme s’articule avec un programme de recherche comparative sur les villes méditerranéennes et moyen-orientales sur « La compétition foncière urbaine dans les villes : investissements immobiliers transnationaux et habitat populaire autour de la Méditerranée et au Moyen-Orient », en collaboration avec les partenaires du réseau des observatoires et programmes urbains de la grande Méditerranée.

Depuis le début des années 2000, de nombreux investissements se sont réorientées vers les grandes villes de la région. L’évolution des marchés fonciers et immobiliers qui les accompagne entraîne une métamorphose des espaces urbains. La transformation de certains d’entre eux entre en contradiction avec des politiques sociales d’habitat, suscitent des mobilisations populaires… Ce programme de recherche étudie les lieux et les modalités de résolution des concurrences foncières qui en résulte entre investisseurs immobiliers transnationaux et espaces d’habitat populaires dans les quartiers en mutation de plusieurs villes du pourtour méditerranéen et du Moyen-Orient (Istanbul, Téhéran, Beyrouth, Damas, Amman, Aqaba, Dubaï, Le Caire, Tunis, Rabat, Casablanca…).

Articulation avec des projets de colloques en collaboration avec des institutions locales

Deux projets de colloques sur des questions urbaines s’articulent avec le programme.

Le premier, Damas métamorphoses urbaines, en collaboration avec la Faculté d’architecture de l’Université de Damas (26-27 novembre 2008), s’appuie sur les recherches récentes et en cours pour éclairer les mutations et métamorphoses actuelles de la capitale syrienne autour de nombreux thèmes de recherche recoupant ce programme.

Le second, sur le néolibéralisme et la ville au Moyen-Orient (Neoliberalism and the City in the Middle East), avec l’American University of Beirut, le Issam Fares Institute, l'Université Germano-jordanienne et la Dubai School of Management (automne 2009), met l’accent sur une dimension centrale de la fabrique de la ville au Moyen-Orient avec le développement des grands projets financés par les investisseurs internationaux, dont l’impact transforment les dynamiques urbaines et contraignent fortement les politiques publiques de la région.