Observatoire urbain du Proche-Orient

Responsables : Thierry Boissière, Stéphane Cartier

Présentation

Beyrouth, près de l’Hôtel-Dieu, automne 2011
 

L’Observatoire urbain du Proche-Orient est une structure permanente de recherche et de documentation du DEC, étudiantles questions urbaines et d’aménagement du territoire. Projet entamé à Beyrouth en 1991-1992, lors du lancement des projets de reconstruction du centre-ville de Beyrouth, l’Observatoire Urbain a été institutionnalisé comme structure de recherche du CERMOC à partir de 1993, sous la direction de Jean-Luc Arnaud, qui a ensuite élargi ses activités à l’ensemble de l’agglomération beyrouthine. Éric Huybrechts, qui en a assumé la direction de 1996 à 2000, a progressivement élargi son champ d’activité aux espaces urbains du Liban, puis à la ville et l’aménagement au Proche-Orient. Depuis lors, l’Observatoire a été dirigé à Beyrouth par Éric Verdeil (2000-2003), par Fabrice Balanche (2003-2007), à Damas par Valérie Clerc (2007-2011) et enfin à Beyrouth par Caecilia Pieri (2011-2015), qui y a introduit la dimension patrimoniale. Depuis septembre 2015, il est animé par Thierry Boissière et Stéphane Cartier et interroge les transformations urbaines sous l’angle des vulnérabilités et des ressources mobilisées par les urbains. 

L’Observatoire fédère et dynamise la recherche urbaine au sein des différents sites de l’Ifpo. Il constitue un outil d’observation et d’analyse indispensable des transformations urbaines dans un contexte où les villesconstituent plus que jamais les principaux centres des mobilisations et des tensions politiques, voir des champs de batailles.Son partenariat avec les institutions locales et européennes de recherche et d’enseignement universitaire lui permet de croiser les informations sur les dynamiques urbaines contemporaines, de renouveler les problématiques et les méthodes. Ce travail en réseau s’inscrit dans une valorisation académique, également en phase avec les attentes des acteurs du champ urbain.  La synergie interdisciplinaire des plates formes de recherche, des ateliers de travail et d’un réseau de compétences interdisciplinaires analyse les territoires urbains, les chantiers, les patrimoines, les usages pratiques et symboliques. 
 

Historique
 

Fondé en 1991, l’Observatoire urbain hérite de la réflexion d’un groupe franco-libanais du CERMOC (Centre d’études et des recherches sur le Moyen-Orient contemporain) dédié à l’observation d’un espace urbain en détresse. La fin de la guerre civile impose la nécessité de réfléchir la reconstruction de la ville par les institutions publiques (Conseil du Développement et de la Reconstruction, Direction Générale de l’Urbanisme, Municipalités et Mohafazat), les consultants étrangers (Banque mondiale, Institut d’aménagement et urbanisme de la Région Ile-de-France…) et les diverses institutions communautaires, partis politiques, milices. Dans l’urgence du relogement et de la reprise économique, différentes représentations urbaines se superposent selon la diversité des projets politiques. La complexité de la situation appelle une polyvalence et une interdisciplinarité, qu’illustrait l’équipe fondatrice composée d’urbanistes, d’architectes mais aussi d’historiens, de géographes, d’anthropologues, de sociologues et d’économistes. Cette lecture conflictuelle de la ville héritée de la guerre s’est ensuite institutionnalisée par la reconnaissance de l’Observatoire comme structure de recherche permanente au sein du département des Etudes contemporaines dès 1993. Elle s’est aussi renouvelée au fil de la succession des observateurs motivés par des thématiques spécifiques, tout en conservant la pluridisciplinarité originelle. Historien des villes, spécialiste de la période ottomane, Jean-Luc Arnaud étend les travaux de l’Observatoire à l’ensemble de l’agglomération beyrouthine contemporaine. Architecte et urbaniste, Éric Huybrechts scrute les espaces urbains dans tout le pays et initie l’atlas sociogéographique du Liban. Géographe, auteur d’une thèse sur les urbanistes de Beyrouth, Éric Verdeil publie cet atlas. La fusion en 2003 des structures de la recherche contemporaine au sein de l’Ifpo a permis d’ouvrir l’ensemble du terrain proche-oriental (Syrie, Palestine, Jordanie, Irak) aux recherches de l’Observatoire urbain. Spécialiste de géographie politique de la Syrie et du Liban, Fabrice Balanche lance la revue en ligne Villes et territoires du Moyen- Orient pour faciliter les lectures transversales des dynamiques urbaines. Lors de l’installation de l’Observatoire à Damas, Valérie Clerc, architecte, poursuit en Syrie l’examen de l’habitat des pauvres entamé dans sa thèse sur les quartiers beyrouthins dits « irréguliers ». Caecilia Pieri, auteure d’une thèse d’histoire urbaine sur la modernisation de Bagdad au XXe siècle, stimule l’analyse de la préservation du patrimoine comme enjeux dans le renouvellement urbain.

Dans un contexte où les villes du Proche-Orient sont plus que jamais soumises à des transformations majeures (renouvellement urbain, guerres, extension des quartiers informels) et à l’insécurité politique, sociale et environnementale, l’Observatoire développe des nouveaux chantiers de recherche.

 

Villes vulnérables, mobilisations des ressources et créativité urbaine

 
 
Direction de programmes de recherche
  • Gestion de l’incertitude dans les espaces d’habitation et les cheminements quotidiens (2015-2019), sous la responsabilité de Thierry Boissière
  • Vulnérabilités sociales et environnementales (2015-2019), sous la responsabilité de Stéphane Cartier
  • Patrimoine en guerre autour de la Méditerranée (2015-2017), sous la responsabilité de Caecilia Pieri
  • Atelier du Vieux-Damas, sous la responsabilité de Sarab Atassi.
 
Missions
Participation à des programmes 
  • Percevoir la ville (Universités Lyon 2, Saint Joseph, du Québec / financement CEDRE)
  • Economie politique des circulations et consommations au Moyen-Orient. Approches comparées et connectées d’Istanbul, Beyrouth, Erbil, Dubaï et Téhéran (IDEMEC)

 

Séminaires
 

Observer la ville (T. Boissière, S. Cartier)

  • « Perception, relation à l’environnement et image embarquée : recherches en cours à Beyrouth et à Lyon », par Denis Cerclet (Univ. Lyon 2 / EVS UMR 5600 Lyon), lundi 14 décembre 2015.
Cette présentation a permis de rendre d’une démarche de recherche impliquant des chercheurs de l’Université Lyon 2 (Thierry Boissière, Bianca Botéa, Jeanne Drouet), de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (Liliane Barakat, Annie Tabet et Rita Zaarour) et de l’Université du Québec à Montréal (Mouloud Boukala). Cette recherche en cours a pour objectif de mesurer les modalités de la relation que des individus entretiennent avec leur environnement urbain. Il s’agit d’analyser la perception comme un processus prenant continuellement appui sur des éléments de l’environnement et participant de différents types de construction de l’espace vécu. Les travaux habituels reposent sur des observations à l’œil nu par le chercheur, voire sur l’utilisation de la vidéo. La particularité de cette recherche est le recours à l’oculomètre ou « eye tracker » dont sont équipés les sujets de l’expérience. Cet appareil est semblable à une paire de lunette, équipée d’une caméra qui filme, à la première personne, le champ de vision de cet individu et de capteurs de mouvement des pupilles. La juxtaposition de ces deux enregistrements (le paysage et l’itinéraire pupillaire) informe sur la manière dont l’espace est parcouru. Les mesures réalisées permettent de cerner des types de relation à l’environnement fondé sur un rapport à la connaissance et à la capacité d’interprétation des individus. L’hypothèse de travail est que les individus sont en acte (Poincarré, Merleau-Ponty, Berthoz) et que la perception est au cœur de la relation de soi à l’environnement non pas comme les termes d’une interaction. La relation est constitutive de soi et de l’environnement, continuellement et comme en symbiose. La notion d’interaction non focalisée (Goffman) qui met en rapport des dispositions sensorielles (la vue, l’audition, l’odorat, le toucher) et un langage corporel fait de mouvements, de gestes et d’attitudes est intéressante pour appréhender les modalités de la relation dans une perspective pragmatiste. Ces éléments permettraient de saisir les compétences mises en jeu dans les parcours de la ville aussi bien à Lyon qu’à Beyrouth.
 
  • « Le projet DEVETER, élément de préfiguration d’une plateforme d’intelligence territoriale », par Marcus Zepf (ENSA, Grenoble / UMR PACTE), lundi 14 mars 2015.
     
  • « Les camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth, de la production d’un espace à des engagements urbains », par Alex Mahoudeau (doctorant, université de Durham / Ifpo), lundi 18 avril 2016.
 
Une possibilité de Beyrouth. Projections utopiques et initiatives citoyennes (T. Boissière, Jamil Mouawad) http://www.ifporient.org/node/1782
  • «Mille et une Dalieh, Beyrouth comme on l’imagine : Récits d’une résistance citoyenne», Ghassan Halwani, Hayat Gebara, Fadi Mansour, Adib Dada (Beyrouth, Jeudi 24 mars 2016)
    http://www.ifporient.org/node/1791
    Compte-rendu (en anglais) : https://tcatf.hypotheses.org/162
  • «Des « maisons collectives » dans la ville : Espaces alternatifs ou de résistance ?», Ghassan Maasri, Moustafa Yamouth, Nadine Mouawad, Discutante : Ghalya Saadawi (Beyrouth, le 25 avril 2016)
    http://www.ifporient.org/node/1803
  • «Des rêves de ville, utopies et architecture à Beyrouth», Mazen Haidar, Rania Sassine, Serge Yazigi, Discutante : Caecilia Pieri (Beyrouth, le 24 mai 2016)
    http://www.ifporient.org/node/1813