Disparition de Jean-Paul Pascual (1944-2015)

La Vallée engloutie Géographie historique du Moyen-Euphrate (du IVe s. av. J.-C. au VIIe s. apr. J.-C.), par Justine Gaborit
Le 19 octobre 2015, Jean-Paul Pascual s’est éteint. Historien spécialiste de la Syrie ottomane et plus particulièrement de la ville de Damas, il l’étudiait avec minutie au travers des sources manuscrites issues des instances ottomanes arabes (actes de waqf et inventaires de biens après décès entre autres documents). Il avait acquis, de part sa fréquentation des sources et au cours de ses très longs séjours au Proche-Orient, une connaissance parfaite de l’arabe littéral ainsi que du dialecte syrien.
 
Jean-Paul Pascual fut secrétaire scientifique de l’IFEAD (Institut Français d’Études Arabes de Damas) entre 1975 et 1987. C’est alors qu’il fonda avec l’historienne syrienne, Sarab Atassi, L’atelier du Vieux Damas qui permit d’encourager les recherches pluridisciplinaires sur l’histoire de cette ville et de collecter un fonds d’archives précieux. Il fut ensuite Directeur de Recherche à l’IREMAM (CNRS UMR 7310) de 1987 à 2007 avant d’être nommé jusqu’en 2009 chercheur responsable de la mission archéologique de Khirbet Dosâq auprès de l’Ifpo-Amman. Par son œuvre scientifique, Jean-Paul Pascual à contribué à mieux faire connaître la société syrienne d’époque ottomane au travers de l’étude des structures économiques et sociales damascènes aux XVIe et XVIIe siècles. Pionnier de l’histoire ottomane du Bilâd al-Shâm au travers des sources locales, il sut se plonger avec une grande modestie dans les dédales d’une société aux multiples facettes qu’il décrivit avec beaucoup d’attachement : les notables et les artisans, les boutiquiers comme les pèlerins. Il fut un érudit au grand cœur dont l’exigence scientifique n’avaient d’égal que l’humilité. Toujours disponible et généreux de son savoir, Jean-Paul Pascual a su faire partager sa passion du Proche-Orient et de la ville à laquelle il était tant attaché ; aujourd’hui après son ultime voyage, les membres de l’Ifpo et ses collègues lui rendent un dernier hommage. Damas, l’Ifpo et les études ottomanes sont en deuil.