L’Institut français du Proche-Orient (Ifpo), le Refugee Studies Center (RSC) Université d’Oxford, et l’Université de East London (UEL) ont élaboré un projet de recherche en collaboration afin d’examiner la dynamique des migrations forcées hors de l’Irak (vers l’Égypte, la Jordanie, la Syrie et la Turquie). Le Center of Middle East Strategic Research, Ankara a en outre apporté son concours financier au volet turc du projet qui vise à comprendre dans quel contexte les réfugiés ont fait le choix de quitter leur lieu de résidence et quelles sont les logiques qui président à la direction de leur migration.
De manière générale, on sait peu de choses sur les processus de déplacements forcés. Dans le cas de l’Irak, ces déplacements peuvent prendre des formes diverses, depuis l’évitement de certaines zones jusqu’à des mouvements de masse vers des lieux très éloignés, y compris au-delà des frontières. Bien que les estimations du nombre de réfugiés et déplacés irakiens soient sujettes à caution, il n’en reste pas moins que le conflit actuel en Irak a été, et continue d’être, le moteur de déplacements de grande ampleur qui impliquent des individus, des familles et des groupes sociaux entiers, tels les chrétiens. Ce projet est centré sur les circonstances et les temporalités de ces mouvements migratoires, avec une attention particulière portée aux processus de prise de décision, aux sources d’information disponibles, et au rôle des réseaux sociaux (familiaux, professionnels, communautaires, tribaux, etc.). Les réfugiés sont au centre de cette problématique en étant considérés comme des sujets actifs dans la migration dont les décisions et les choix sont contraints par les circonstances mais qui ont des aspirations et peuvent élaborer des stratégies. Les questions suivantes seront abordées :
Entre décembre 2008 et mai 2009, quatre équipes de recherche ont mené 140 enquêtes approfondies au Caire, à Amman, à Damas et à Istanbul, chaque équipe comprenant un responsable et des enquêteurs formés aux méthodologies appropriées. Sur chaque site, entre trente et quarante entretiens ont été menés avec des individus (dans le cadre familial) réfugiés. L’échantillonnage a été élaboré selon une méthodologie adaptée aux circonstances des enquêtés sur chaque site, avec une attention particulière portés à la vulnérabilité de certains individus en situations irrégulière ou marginale, et en privilégiant une représentativité des catégories socioprofessionnelles plutôt que des groupes ethniques ou confessionnels. Les entretiens sont menés dans la langue des enquêtés (arabe ou kurde) et sont ouverts, enregistrés puis retranscrit dans la langue d’origine avant d’être traduits en anglais. Ces entretiens ont été analysés entre le printemps et l'hiver 2009 en impliquant les enquêteurs. Les résultats de l’enquête feront l’objet d’une publication électronique en français, anglais, arabe et turc sur les sites des diverses institutions partenaires.
Mis à jour le 4 janvier 2010.