Ouverture d’une urne cinéraire d’époque romaine découverte à Beyrouth

Ouverture de l'urne funéraire par Joyce NassarUne fouille préventive, effectuée à Beyrouth (Achrafieh) pendant l’été 2011 sous la direction du Dr. Jeanine Abdulmassih (Université Libanaise-Ifpo), a permis de mettre au jour d’un hypogée d’époque hellénistique et romaine contenant des sarcophages en terre cuite ainsi qu’une urne cinéraire intacte. L’intérêt de ce monument est de documenter de façon contemporaine la pratique de l’inhumation et celle de l’incinération dans la Beyrouth romaine. Ce qui est déjà en soi une belle découverte dont on peut complimenter l’équipe.

(mise à jour 28/2/2012 : lire à propos de cette découverte le billet de Joyce Nassar sur les Carnets de l’Ifpo : Défunts et pratiques funéraires dans la Beyrouth antique : à propos de la découverte d’un hypogée à Ashrafiyeh)

L’étude anthropologique de la petite population de ces hypogées est assurée par le Dr. Joyce Nassar. L’urne cinéraire, ouverte le 23 janvier 2012, est composée de deux conteneurs emboîtés, en fait un simple vase dont l’ouverture était obturée par un bol retourné ; il s’agit donc de deux objets modestes appartenant au vaisselier de la vie quotidienne du IIe siècle ap. J.-C.

Ouverture d'une urne funéraire d'époque romaine, découverte à Beyrouth en 2011
L’urne cinéraire : vase obturé par un bol retourné formant couvercle. 

La fouille stratigraphique de l’urne a débuté et J. Nassar suivra un protocole de démontage complexe. Chaque os brûlé, désormais minéralisé, sera décrit dans sa position avant prélèvement, numéroté, et replacé sur une fiche anthropologique. Cette étude ostéologique, longue et complexe, nécessitera plusieurs jours d’une patiente enquête. Puis viendra la phase de collage des fragments et enfin la recomposition du squelette.

Ouverture de l'urne funéraire par Joyce NassarUne fouille préventive, effectuée à Beyrouth (Achrafieh) pendant l’été 2011 sous la direction du Dr. Jeanine Abdulmassih (Université Libanaise-Ifpo), a permis de mettre au jour d’un hypogée d’époque hellénistique et romaine contenant des sarcophages en terre cuite ainsi qu’une urne cinéraire intacte. L’intérêt de ce monument est de documenter de façon contemporaine la pratique de l’inhumation et celle de l’incinération dans la Beyrouth romaine. Ce qui est déjà en soi une belle découverte dont on peut complimenter l’équipe.

(mise à jour 28/2/2012 : lire à propos de cette découverte le billet de Joyce Nassar sur les Carnets de l’Ifpo : Défunts et pratiques funéraires dans la Beyrouth antique : à propos de la découverte d’un hypogée à Ashrafiyeh)

L’étude anthropologique de la petite population de ces hypogées est assurée par le Dr. Joyce Nassar. L’urne cinéraire, ouverte le 23 janvier 2012, est composée de deux conteneurs emboîtés, en fait un simple vase dont l’ouverture était obturée par un bol retourné ; il s’agit donc de deux objets modestes appartenant au vaisselier de la vie quotidienne du IIe siècle ap. J.-C.

Ouverture d'une urne funéraire d'époque romaine, découverte à Beyrouth en 2011
L’urne cinéraire : vase obturé par un bol retourné formant couvercle. 

La fouille stratigraphique de l’urne a débuté et J. Nassar suivra un protocole de démontage complexe. Chaque os brûlé, désormais minéralisé, sera décrit dans sa position avant prélèvement, numéroté, et replacé sur une fiche anthropologique. Cette étude ostéologique, longue et complexe, nécessitera plusieurs jours d’une patiente enquête. Puis viendra la phase de collage des fragments et enfin la recomposition du squelette.

Ouverture d'une urne funéraire d'époque romaine, découverte à Beyrouth en 2011
Joyce Nassar procède à l'enlèvement du couvercle de l'urne

 

 
Ouverture d'une urne funéraire d'époque romaine, découverte à Beyrouth en 2011
Vue zénithale de l'urne au moment de l'ouverture

Que pouvons-nous espérer connaître de cette première incinération d’époque romaine découverte à Beyrouth ? Le sexe et l’âge approximatif de l’individu, et peut-être des témoignages de pathologie. La fouille de l’urne pourrait aussi livrer de petits objets, quelques morceaux de charbon qui permettraient de préciser la nature du bûcher. Enfin, l’ordre d’apparition des os livrera des informations précieuses sur le ramassage des os sur le bûcher.

Deux points peuvent être déjà précisés : l’un intéresse la nature du bûcher, l’autre les gestes qui ont précédé le dépôt dans l’urne. La couleur variable des os, qui va du gris au blanc, signale un bûcher où la combustion fut inégale. On peut aussi  affirmer que les os ont été lavés après leur collecte et, une fois débarrassés des cendres, déposés dans l’urne. Les poèmes funéraires de l’époque romaine évoquent parfois cette phase du rituel qui pouvait s’accompagner aussi d’un apport de parfums si du moins la famille consentait cette dépense.

Nul doute que Joyce Nassar saura faire parler ces os et écrira ainsi une nouvelle page de l’histoire des pratiques funéraires de la Beyrouth antique ! Il faudra tout de même attendre encore quelques jours…
 

Marc Griesheimer, Directeur du Département d'archéologie et d'histoire de l'Antiquité de l’Ifpo

 

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