L’Institut français du Proche-Orient : la construction de savoirs partagés

En fusionnant en 2003 les structures françaises de recherche présentes au Proche-Orient, les fondateurs de l’Ifpo ont voulu prendre en compte trois nécessités : maintenir en France un niveau d’excellence dans la recherche sur le Moyen-Orient, développer des synergies transnationales et interdisciplinaires tout en renforçant le tissu de nos relations scientifiques et intellectuelles avec les pays de la région.

Dans chacune des disciplines des sciences humaines et sociales, de l’Antiquité jusqu’à nos jours, l’Institut est au service de la connaissance d’une région où il promeut la coopération avec les institutions académiques locales, en Syrie, au Liban, en Jordanie, en Palestine et en Irak.

L’Ifpo compte trois départements scientifiques : le département d’archéologie et d’histoire de l’Antiquité (DAHA), le département des études arabes, médiévales et modernes (DEAMM) et le département d’études contemporaines (DEC).

Dans le domaine de l’archéologie et de l’histoire de l’Antiquité, le renforcement des connaissances répond à une demande croissante d’un grand public particulièrement ouvert à la connaissance d’une région centrale dans l’histoire de l’humanité, mais tout autant aux attentes des partenaires institutionnels locaux, directions générales des antiquités et des musées et universités notamment. Menés en étroite coopération avec les chercheurs libanais, syriens, jordaniens, palestiniens et irakiens, les programmes en cours, axés sur l’histoire de l’urbanisme, des échanges, de la maîtrise de l’eau et du fait religieux, comportent ainsi un important volet enseignement et formation destiné aux doctorants et aux jeunes chercheurs des pays d’accueil.

 

Les programmes du département des études arabes, médiévales et modernes s’inscrivent dans la tradition de disciplines académiques anciennes et éprouvées. Ils sont également guidés par l’idée qu’au Proche-Orient, les événements et les imaginaires politiques contemporains sont imprégnés de références au passé arabe et islamique, et qu’ils sont de ce fait indéchiffrables sans une connaissance approfondie de l’histoire médiévale et moderne, du rapport fondateur à la langue arabe, idiome du Coran, des références à la littérature religieuse de l’époque classique (Coran, théologie, philosophie). Les chercheurs de l’Institut ont développé un savoir scientifique rigoureux sur l’archéologie et histoire de l’art du Proche-Orient à l’époque islamique (à partir du VIIe siècle), l’histoire urbaine et architecturale de la ville de Damas, l’histoire du Proche-Orient depuis la conquête arabe (VIIe siècle) jusqu’à la fin de l’empire ottoman (1918), la littérature arabe, classique et contemporaine, la linguistique arabe, l’histoire de la pensée religieuse musulmane (« islamologie »), mais aussi chrétienne ou juive de langue arabe, la philosophie médiévale de langue arabe, l’histoire des sciences et des techniques dans le Proche-Orient d’époque islamique et le patrimoine architectural faisant de l’Ifpo l’un des centres de recherche les plus en vue pour ces différentes disciplines, avec des programmes phares tels que les fouilles des citadelles de Damas et de Salkhad en Syrie et de la forteresse de Doubiyé au Liban, le programme Guerres, cultures et sociétés au Proche-Orient médiéval, l’inventaire des biens waqf de la Mosquée des Omeyyades, le dictionnaire d’arabe dialectal syrien et les programmes de recherche de l’Atelier du vieux Damas.

Dans ce dispositif scientifique, les études contemporaines occupent bien sûr une place particulière, en développant des recherches en prise avec les réalités et les crises les plus actuelles de la région. Les programmes du Département des Etudes Contemporaines s’inscrivent dans l’ensemble du champ des sciences sociales, de la science politique à la géographie, en passant par l’histoire contemporaine, les relations internationales, l’anthropologie. Le droit et l’économie ont vocation à y occuper une place croissante. L’Observatoire urbain fédère les travaux sur la ville en coopération étroite avec universitaires et professionnels de l’urbanisme, dans les 5 pays couverts par l’Institut. Trois programmes du DEC ont bénéficié ces dernières années du soutien de l’Agence Nationale de la Recherche (la Fabrique du Développement, Mémoires de guerre, Construire le politique) tandis que plusieurs reçoivent d’autres financements extérieurs, notamment européens. En 2012, un programme de recherche soumis par plusieurs chercheurs du DEC, sous la direction de François Burgat (When Autoritarianism Fails in the Arab World), a obtenu un financement de l’European Research Council.

Tous les programmes de l’Ifpo sont réalisés en partenariat avec les institutions d’enseignement et de recherche locales, françaises et européennes.

Enfin, les résultats des recherches qui sont menées à l’Ifpo ou auxquelles celui-ci est associé sont valorisées par les Presses de l’Ifpo, qui publient chaque année deux revues scientifiques (Syria et le Bulletin d’études orientales) et une vingtaine d’ouvrages.

L’Ifpo demeure aussi, au delà de sa mission de recherche, un incontournable instrument de formation en langue arabe : les stages annuels et estivaux qui y sont organisés, en collaboration avec l’université de la Sorbonne (Paris-4), accueillent des étudiants venus du monde entier.

Actuellement, deux axes organisent la volonté de maximiser les performances d’une institution qui capitalise dans la région une longue tradition de recherche, de formation et de coopération :

  • Construire des savoirs scientifiques partagés tout autant avec les sociétés dont les chercheurs de l’Institut sont les hôtes qu’avec la recherche française et internationale .
  • Donner à l'Institut une plus grande visibilité locale et internationale et, ce faisant, de mieux répondre aux attentes légitimes de ses promoteurs et de ses partenaires.

Ces efforts se sont traduits ces dernières années par une modernisation radicale du système de communication de l’Institut et notamment :