Syria. Archéologie, art et histoire
n°84, 2007
Damas, Presses de l'Ifpo, 2007.
ISBN : 978-2-35159-066-9
Prix : 91 €
Tous les résumés en français sont présentés sous le sommaire.
Stordeur (D.) et Khawam (R.), "Les crânes surmodelés de Tell Aswad (PPNB, Syrie). Premier regard sur l’ensemble, premières réflexions"
Stordeur (D.) et Khawam (R.) : "Les crânes surmodelés de Tell Aswad (PPNB, Syrie). Premier regard sur l’ensemble, premières réflexions"
Résumé – Le site de Tell Aswad (35 km à l’est de Damas, Syrie) a livré de très nombreux restes funéraires. Deux aires funéraires successives ont notamment été mises au jour, datant de la fin du PPNB moyen ou du début du PPNB récent et situées à la marge de la zone construite. Chacune de ces aires a été fondée par un dépôt de crânes surmodelés, enfoui dans une fosse. Le contexte de ces dépôts est donc dissimulé et collectif. Après une description des crânes surmodelés, il sera tenté ici de comparer leur contexte avec celui des autres attestations connues pour la même époque.
Al-Maqdissi (M.), Bahloul (Kh.), Callot (O.), Calvet (Y.), Matoïan (V.) et Sauvage (C.), "Rapport préliminaire sur les activités de la mission syro-française de Ras Shamra-Ougarit en 2005 et 2006 (65e et 66e campagnes)"
Résumé – Ce rapport présente les résultats préliminaires des travaux de la mission syro-française de Ras Shamra-Ougarit pour les campagnes de 2005 et 2006 : recherches dans les musées, exposition Ougarit Blues, étude des temples de Baal et de Dagan, fouille du chantier « du rempart », fouille du chantier « Grand-rue ». L’étude des temples est achevée et va donner lieu à une publication prochaine. Les chantiers de fouille sont en cours et le présent rapport livre les premiers résultats obtenus sur les vestiges du Bronze récent exhumés ces deux dernières années.
Pardee (D.), "RS 18.028 et le palais royal d’Ougarit comme acheteur de biens"
Résumé – L’étude de la structure de la liste d’achats RS 18.028 provenant du palais royal d’Ougarit amène à la conclusion que le mot ḥtbn s’emploie en ougaritique pour désigner un compte dressé par le vendeur au nom de l’acheteur 1. Jusqu’ici, aucun bordereau d’achat dressé par l’acheteur ne comporte ce terme.
Margueron (J.-C.), "Notes d’archéologie et d’architecture orientales, 14 – La salle du trône, d’Uruk à Babylone. Genèse, fonctionnement, signification"
Résumé – La salle du trône, symbole de la fonction palatiale, n’apparaît qu’assez longtemps après que le monument qui abrite le roi s’est imposé dans le paysage urbain. Salle de rez-de-chaussée et non de l’étage noble, elle est, peu après le milieu du IIIe millénaire, le produit de la tentative d’une sacralisation du roi et de la transformation en sanctuaire royal, à l’image d’un temple divin, du lieu où il exprime sa puissance. Dans une seconde étape, à l’époque néo-assyrienne, la salle du trône abandonne sa fonction sacrée pour devenir la porte du bitanu, domaine réservé où le roi peut établir le contact avec son peuple.
Élaigne (S.), "Les importations de céramiques fines hellénistiques à Beyrouth (site Bey 002) : aperçu du faciès nord levantin"
Résumé – Beyrouth hellénistique est approvisionnée par différents centres de production céramique, à deux échelles. À l’échelle régionale, les centres de Chypre et de Rhodes fournissent une part importante de la vaisselle au IIIe siècle av. J.-C. et jouent un rôle déterminant dans l’émergence des céramiques à vernis rouge et en particulier des sigillées orientales A, tant du point de vue technique que morphologique. Le corpus de Beyrouth met en évidence la double influence, régionale levantine et gréco-italique, du processus d’élaboration des sigillées orientales A. Les apports à vernis noir, attiques du IIIe siècle, mais surtout campaniens du IIe siècle av. J.-C., seront déterminants dans la constitution d’un répertoire standardisé et innovant. Alors que Beyrouth se situe dans le réseau du commerce à longue distance, principalement alimenté par le continent grec puis par la Campanie maritime, la cité portuaire s’inscrit aussi à partir de la fin du IIIe siècle av. J.-C. dans une zone d’échanges propre, de tradition régionale, distincte de la région égéenne.
Pellegrino (E.), "Les céramiques communes de Beyrouth (secteur Bey 002) au début de l’époque romaine"
Résumé – La reprise de l’étude du mobilier des fouilles du secteur BEY 002 de Beyrouth a mis en évidence une catégorie de céramiques communes locales prépondérante dans les contextes d’époque romaine (fin du Ier s. av. J.-C.-début du IIe s. ap. J.-C.). Celle-ci reste techniquement semblable à celle de l’époque hellénistique. Son répertoire associe des pots à feu qui s’inscrivent dans une tradition typiquement proche-orientale remontant à l’âge du Fer, à des casseroles issues de la vaisselle grecque et à des plats à feu imitant des pièces campaniennes. Ce mobilier traduit l’intégration précoce de Beyrouth dans un contexte d’internationalisation de la vaisselle et des pratiques culinaires et indique probablement la présence d’une importante communauté italienne dans la ville dès le début du Ier s. av. J.-C.
Gatier (P.-L.), "Decapolitana"
Résumé – Plusieurs inscriptions grecques et une monnaie, en provenance de la région nommée Décapole pendant une partie de l’Antiquité, sont examinées et discutées ici. Il est question d’une mosaïque inscrite d’époque islamique (1) ; de la mosaïque d’une église protobyzantine d’Abila-Qweilbé (2) ; du sanctuaire d’un dieu dont le nom n’a pas été reconnu, sur le territoire de Gérasa-Jerash (3) ; de la frontière ouest du territoire de Gérasa, du côté de Pella (4) ; de l’origine d’une inscription grecque et latine conservée en Australie et provenant en fait de Gadara-Umm Qeis (5) ; enfin d’une monnaie de Gadara évoquant une bataille navale (6). En annexe, une inscription religieuse de Pétra est révisée.
Badawi (M.), "Huit tombes hellénistiques et romaines à Jablé"
Résumé – La fouille de la nécropole de Jbeibat en 2001, à 500 mètres au nord-ouest du théâtre romain de Jablé, par une équipe syrienne *, a permis la découverte de huit tombes. Trois types de sépultures (collectives ou individuelles) ont pu être définis : tombe à entrée en puits, tombe à entrée en escalier et tombe à inhumation simple. Les tombes ont été creusées dans la roche tendre locale. Aucune n’est décorée, et à ce jour aucune inscription n’indique le nom des défunts ou de leur famille. Leur niveau social est difficile à cerner, contrairement aux tombeaux de Palmyre ou aux tombes de Syrie du Sud de même époque. Malgré le pillage de ces tombes, un important matériel funéraire a pu être récupéré : céramiques, verres, fusaïoles, perles en pierre ou pâte de verre et pièces en métal. À partir de ces objets, il est possible de proposer une datation de ces tombes depuis l’époque hellénistique jusqu’à la période romaine.
Dussart (O.), "Fouilles de Khirbet edh-Dharih, III. Les verres"
Résumé – La verrerie de Khirbet edh-Dharih fournit un matériel qui a le mérite d’être trouvé en contexte stratigraphique. Elle couvre une longue période, de l’époque royale nabatéenne jusqu’à l’époque abbasside, et permet d’étayer quelques hypothèses d’ordre culturel, typologique et technologique.
Abdulkarim (M.) et Olesti-Vila (O.), "Les centuriationes dans la province romaine de Syrie : nouvelles perspectives d’étude"
Résumé – Les traces de cadastres hellénistiques restent trop faibles en Syrie pour qu’on puisse en tirer des conclusions historiques solides, mais les études conduites notamment dans le Hauran (Bosra, Suweida’) et autour d’Émèse (Homs) mettent en évidence l’usage majoritaire d’une centuriation avec un module majoritaire de 15 actus de côté, qui est clairement d’époque impériale. Cela ne permet pas pour autant de conclusions assurées sur les raisons et le cadre de ces opérations, dont la trace se retrouve peut-être aussi autour de Damas.
Butcher (K.),"Two syrian deities"
Résumé – Cet article prend en considération deux types monétaires, portant deux divinités mâle et femelle, que les savants considèrent habituellement comme cappadociens d’origine. L’étude des lieux de trouvaille et de leur composition métallique conduit à conclure que ces types circulaient en Syrie, non en Cappadoce. Les divinités représentées doivent donc avoir quelque rapport avec la Syrie. On suggère qu’il s’agit des dieux de Hiérapolis, Hadad et Atargatis, que l’on n’a pas reconnus jusqu’ici.
Bader (N.), "Inscriptions from Tell Rimah and its area in North Eastern Jordan"
Résumé – Tell Rimah, dans le Hauran jordanien proche de la frontière syrienne, a livré deux courtes inscriptions grecques et, à 500 m de là, dans le wadi al-Murayqib, sept inscriptions safaïtiques. Tell Rimah se situe ainsi à la limite entre la zone des sédentaires employant le grec et celle des pasteurs du harra écrivant en safaïtique.
Blanc (P.-M.) et Généquand (D.), "Le développement du moulin hydraulique à roue horizontale à l’époque omeyyade : à propos d’un moulin sur l’aqueduc de Bosra (Syrie du Sud)"
Résumé – En 2005 et 2006, en marge de l’étude de l’aqueduc de Bosra par la Mission archéologique française en Syrie du Sud, un moulin hydraulique a été fouillé et daté de l’époque omeyyade. Il s’agit d’un moulin hydraulique double placé en aval d’un réservoir situé sur l’aqueduc. Deux chutes d’eau obliques permettaient de faire tourner deux roues horizontales qui actionnaient les meules par un système de transmission directe. Ce moulin hydraulique s’inscrit dans une petite série de moulins récemment étudiés et bien datés au Proche-Orient. Ils tendent à démontrer que la roue horizontale, bien que plus simple à mettre en oeuvre que la roue verticale, n’a pas été utilisée au Proche-Orient avant le début de l’époque islamique. Dans l’état actuel de la recherche, on peut dire que la roue horizontale a été introduite à l’époque omeyyade et utilisée d’abord avec des chutes d’eau obliques, avant l’introduction du système de la chute d’eau verticale et conduite forcée qui s’est généralisé à l’époque médiévale.
de Contenson (H.), "Nouvelles données sur Tell Aswad et l’Aswadien (Damascène)"
Résumé – Les fouilles récentes (2001-2006) de Danielle Stordeur à Tell Aswad ont prouvé que le niveau le plus ancien, l’Aswadien, pourrait appartenir au PPNB ancien, avec des habitations semi-enterrées. La principale occupation du site correspond au PPNB moyen, avec une architecture à murs en brique crue et une grande variété de rites funéraires, parmi lesquels des crânes surmodelés. Les couches supérieures érodées se situent au PPNB récent. Comme à Ramad III, le Néolithique à poterie de type Byblos Néo. Ancien a creusé des fosses profondes dans les couches antérieures.
Gatier (P.-L.), "L’Athéna de Zebdani"
Résumé – La découverte récente d’une sculpture romaine dans les environs de Zebdani est importante, d’une part pour l’histoire des cultes régionaux, d’autre part pour l’étude de l’art provincial.