Arthur Quesnay

Département : Études contemporaines

Site : Erbil (Irak)

À l’Ifpo depuis septembre 2012 


Doctorant en Science politique (Paris-1, Panthéon-Sorbonne) sous la direction de Gilles Dorronsoro, je travaille dans le Nord de l’Irak depuis trois ans sur le processus de communautarisation qui anime le jeu politique de cette région. Mes recherches doctorales portent sur les évolutions socio-politiques qui structurent les communautés et les organisations politiques locales – kurdes, arabes, turkmènes, chrétiennes – et les entretiennent dans une dynamique d’affrontement, largement accentuée par les enjeux transnationaux des pays frontaliers. Plus largement, je m’intéresse aux ressorts qui sous-tendent la régionalisation du conflit politique dans le Nord de l’Irak contemporain.

De plus, d’autres terrains relatifs aux même thématiques attirent également mon attention. Notamment la Libye où j’étudie depuis l’été 2011 la structuration sociale de l’insurrection libyenne et les dynamiques des différents conflits communautaires et territoriaux qu’on observe dans la Libye « post-révolutionnaire ». 

Thèmes de recherche

  • Conflit communautaire dans le Nord-Irak
  • Ingérences transnationales et régionalisation du conflit Nord-irakien
  • Organisations politiques kurdes, arabes, turkmènes, chrétienne
  • Mobilisation collective sur référentiel ethnique

Recherches doctorales

Dans le nord de l’Irak, il s’agit d’étudier dans quelle mesure le conflit centré autour de des territoires contestés a peu à peu été caractérisé par un système d’interactions ethnico-politiques régionales et hautement conflictuelles. Comment ce conflit a-t-il évolué en relation avec l’aspect stratégique de la zone, sa composition multi-ethnique et son importance symbolique pour chacune des communautés, kurde, arabe, turkmène et chrétienne qui y cohabitent. Au cours de la formation de l’Irak moderne et notamment depuis la chute du régime Baathiste en 2003, il s’agit également de se demander comment l’arène politique de cette région s’est progressivement construite autour de stratégies de puissances étrangères et à travers des échanges transnationaux complexes, encourageant une communautarisation du jeu politique local.

Cette recherche doctorale se concentre donc sur les dynamiques identitaires et sociales qui, projetées dans un cadre post-ottoman, ont évolué dans un contexte conflictuel sans trouver de consensus au cours de la formation politique de l’Irak moderne. Nous nous intéresserons particulièrement à la façon dont des dynamiques communautaires et sectaires irakiennes ont perdurées jusqu’à aujourd’hui, interagissant avec différentes stratégies des puissances régionales voisines, l’ingérence de pays étrangers et les ambitions de dirigeants locaux.
 

Recherche de Master

J’ai construit mon travail de recherche actuel à travers de nombreux séjours dans le Nord de l’Irak, à titre personnel (2008-2009) puis à des fins universitaires : recherches sur l’immigration iranienne au Kurdistan irakien dans le cadre d’un M1 de Science politique (sous la direction de Michel Dobry, Paris-1, février-mai 2010), puis pour le CEDIR (centre d’étude sur la diaspora iranienne, sous la direction de Nader Vahabi), recherches sur le mouvement politique turkmène à Kirkouk (M2 de recherche en Relations Internationales sous la direction de Michel Dobry, Paris-1).

2010-2011 • M2 Relations Internationales, Paris-1, Panthéon-Sorbonne
Intitulé : « A travers le conflit communautaire de Kirkouk.  Etude des rapports politiques entre le Front Turkmène Irakien et Ankara, de 2002 à 2008 ». 
Soutenu en septembre 2011.

Réalisé sur le terrain de février à mai 2011, sous la direction de Michel Dobry, ce mémoire a eu pour objet l’étude des rapports politiques transnationaux entre un groupe de partis turkmènes irakiens (l’ITF) basés à Kirkouk et la Turquie. Tandis que l’Irak peine à sortir de neuf ans de violences communautaires et sectaires, il a s’agit d’analyser comment des acteurs minoritaires sur le plan local peuvent utiliser l’influence d’un pays étranger afin de se maintenir politiquement. L’étude de l’ITF permet également de comprendre comment une puissance étrangère peut instrumentaliser une minorité locale afin d’atteindre ses objectifs transnationaux. Ce mémoire se propose ainsi d’étudier un groupe partisan turkmène irakien qui tente d’utiliser un référentiel ethnique et de s’appuyer sur la Turquie afin d’affronter une autre minorité, les Kurdes, qui se constitue graduellement en majorité démographique et politique à Kirkouk.

2009-2010 • M1 science politique, Pari-1, Panthéon-Sorbonne.
Intitulé : « Exilé politique au Komalah ».
Soutenu en juin 2010

Réalisé de février à mai 2010 sous la direction de Michel Dobry, a porté sur la socialisation politique des migrants politiques kurdes iraniens dans les structures du komalah, un parti d’opposition iranien réfugié en Irak. Cette première recherche a été prolongée, de juillet à octobre 2010, par un second travail de terrain pour le compte du Centre d’Étude sur la Diaspora Iranienne (CEDIR), sur l’évolution de la migration iranienne et son intégration sociale et économique au Kurdistan irakien.

Formations

  • 2011-… Doctorat en Relations Internationales, Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • 2010-2011 M2 Relations Internationales, Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • 2009-2010 M1 science politique, Paris 1
  • 2006-2009 Double licence Sciences politiques / Histoire, Paris 1

Bourses

  • Septembre 2012 : Bourse doctorale d’aide à la mobilité, IFPO, 24 mois
  • Mars 2011 : Bourse de courte durée de l’IFPO, 2 mois

Production scientifique

Revues scientifiques

  • Baczko, A., Dorronsoro, G., Quesnay, A., 2013, « Mobilisations par délibération et crise polarisante : le cas des protestations pacifiques en Syrie (2011) », Revue française de science politique, 63/5-6, p. 815-839.

Chapitres d'ouvrages

  • Roussel, C., Quesnay, A., 2013, « Avec qui se battre ? Le dilemme kurde », in Burgat, F., et Paoli, B. (dir.), Pas de printemps pour la Syrie? Acteurs et défis de la crise syrienne (2011- 2013), Paris, La Découverte, p. 144-157.
  • Baczko, A., Dorronsoro, G., Quesnay, A., 2013, « Vers un nouvel Etat syrien ? Les institutions du gouvernorat d’Alep », in Burgat, F. et Paoli, B. (dir.), Pas de printemps pour la Syrie ? Acteurs et défis de la crise syrienne (2011- 2013), Paris, La Découverte, p. 201-210.
  • Quesnay, A., 2013, « Le Café de Jadu. Un lieu d'émancipation "révolutionnaire" en Libye », in Bonnefoy, L., Catusse, M., Jeunesses arabes Du Maroc au Yémen : loisirs, cultures et politiques, Paris, La Découverte, p. 305-309.
  • Quesnay, A., 2013, « L’insurrection Libyenne : un mouvement révolutionnaire décentralisé », in A. Allal et T. Pierret, Au cœur des révoltes arabes. Portée des processus révolutionnaires, Paris, Les éditions du Croquant, p. 113-135

Articles dans des revues de vulgarisation

  • Quesnay, A., 2013, « Les dynamiques du conflit communautaire à Kirkuk », L’Irak, magazine Moyen-Orient, printemps, p. 42-47.

Rapports d'expertise

Blogs, Carnets de recherche