Phénomènes sociaux de grande ampleur, les pèlerinages ne sauraient être réduits à leur seule dimension religieuse. Ils participent en effet pleinement aux mobilités qui traversent la région, alimentant le développement touristique et les échanges commerciaux.
Carrefours éphémères, évènements extraordinaires, les pèlerinages forment un creuset où viennent se croiser non seulement les hommes, mais également les biens et les idées qui essaiment au retour des pèlerins, entraînant des transformations matérielles, politiques, voire psychologiques, importantes et souvent durables.
Rassemblant des foules parfois immenses, accompagnés d’intenses activités festives, ils sont
à la fois défis à l’ordre public et mises à l’épreuve de l’espace public urbain qu’ils transforment et remodèlent.
Les contributions réunies dans ce volume s’attachent à rendre compte, en multipliant les situations observées et les angles d’approche, de cet événement polymorphe qu’est le pèlerinage au Maghreb et au Moyen-Orient. Phénomène universel, il revêt dans cette vaste région maints traits spécifiques et il y demeure l’un des principaux vecteurs de l’intégration communautaire.
Arados, Arwad en phénicien, est la principale cité de Phénicie du Nord. Elle est localisée sur un îlot doté d’un port bien abrité, à 2,5 kilomètres de la côte à la latitude de la ville moderne de Tartous. Elle nous est moins bien connue que ses voisines du sud, faute de sources littéraires et de fouilles archéologiques : le site a été occupé sans interruption par une agglomération depuis l’Antiquité. La seule source abondante est la monnaie, régulièrement frappée durant l’époque hellénistique. Le corpus rassemble plus de 5 000 pièces qui offrent l’intérêt d’être datées à partir de 243/2. Elles permettent une évaluation annuelle de la production de l’atelier. Confrontée aux événements politiques et militaires qui agitent le royaume séleucide, celle-ci conduit à retracer l’histoire de la cité hellénistique. On découvre alors une communauté habile à utiliser les faiblesses du royaume séleucide et une situation géographique favorable qui fait d’elle une alliée indispensable des rois de Syrie tant que la frontière avec les possessions lagides se situe sur l’Éleuthéros, au sud du domaine continental dominé par l’île. Fidèle aux rois séleucides, elle leur fournit régulièrement un soutien militaire, essentiellement naval, et reçoit en échange concession d’autonomie et alliance officielle, négociant parfois des avantages supplémentaires comme une exceptionnelle concession d’asylie durant les années 241-239. Avec le déclin de la dynastie, Arados accroît ses ambitions régionales, prend possession du territoire de sa rivale continentale, Marathos, voit passer les troupes de Tigrane d’Arménie et finit par choisir le camp de Pompée contre César puis Antoine. Arados subit alors un blocus naval de plusieurs mois. Elle finit par renoncer en 38, réduite à la misère par la famine et l’épidémie, et entre dans l’Empire romain. Sa soumission est reconnue officiellement par l’apposition d’un petit buste de l’empereur devant la représentation d’Astarté sur ses monnaies de bronze.
Aradus, Arwad in Phoenician, is the main city in Northern Phoenicia. It is located on a tiny island with an excellent harbour, 2.5 km from the coast, opposite to modern Tartous. Compared to other Phoenician cities of the southern shore, we lack of literary sources and archaeological excavations to inform us about the history of the city. Yet, the preserved ruins show that it was inhabitated without interruption since Antiquity. Further, the city has monetary output from the 250’s providing us with a corpus gathering more than 5,000 coins carrying a date since 243/2 BC. This study proposes to examine the annual output of the mint and compares it with political and military events disturbing the Seleucid kingdom. Taking into account both texts and archaeology will allow us to write the hellenistic history of the city. Aradians seem skilled at making the use of Seleucid kingdom weaknesses and of their privileged geographical location that makes them and their continental possessions an essential buffer state with the Lagids’ territories of Syria and Phoenicia. During the 3rd and 2nd centuries, they show a constant fidelity to the Seleucids to whom they deliver military supplies, mainly naval, and from whom they receive autonomy, official alliance, and, sometimes, major concessions as asylia during the war between Seleucus II and Antiochus Hierax (241-239). After the turn of the 2nd century, while Seleucid dynasty is declining, Aradus’ regional ambitions rise: the city takes the territory of its continental rival, Marathos, meets the army of Tigranus of Armenia crossing its peraia and gives help to Pompeius’ camp against Caesar and Antonius. This choice explains the blockade the island had to be subjected to during several months, which led to starvation and disease and persuaded Aradians to surrender in 38. The submission of the city to the Roman Empire is officially engraved on its bronze coins showing Astarte with a small bust of the emperor in front of her.
Les steppes du Bilad esh-Sham ont connu entre le IVe et le milieu du IIe millénaire avant notre ère une période d’occupation intense. Le pastoralisme spécialisé fut certainement un des moteurs économiques de cette forme d’utilisation des pâturages limitrophes du désert. La morphologie des établissements fixes construits par les pasteurs de l’âge du Bronze est cependant extrêmement diverse. Cette diversité permet de poser la question de l’organisation sociale pendant cette période. Les sites de la région de Khirbet al Umbashi, dans le « désert noir », à 80 km au sud-est de Damas constituent les vestiges les plus importants des établissements de cette période. Leur étude a été réalisée par une mission syro-française de 1991 à 1996.
Les villages et les campements témoignent d’occupations par épisodes plus ou moins longs. On a pu observer six formes différentes d’agglomération : l’organisation et la structure des villages comme l’architecture domestique ou monumentale dénotent des conceptions variées de la construction du cadre de vie. Les techniques hydrauliques, très sophistiquées et merveil leusement conservées, mises en oeuvre pour assurer la survie des hommes et des troupeaux dans un environnement aride, impliquent également des organisations sociales diverses. Enfin les nécropoles très étendues montrent l’importance des lieux de mémoire collective.
L’étude résolument pluridisciplinaire aborde les questions d’urbanisme et d’architecture (en particulier le développement des techniques de construction mégalithique) et celle de l’environ nement ancien de la région qui n’a pas changé radicalement de nature depuis le IVe millénaire. Enfin les rapports des hommes avec leurs voisins des régions de la Damascène et du Jourdain, les échanges et les relations privilégiées sont abordés à travers la présentation des objets de la vie quotidienne, céramique, outillage lithique, meules et objets de parure.
L’ensemble des documents présentés ici oblige à reconsidérer des questions fondamentales pour cette période : nature de ce que l’on a l’habitude d’appeler « les premières villes » et des phénomènes liés à l’urbanisation (temporalité, formes, fonctions), rôle de la spécialisation des productions (ici à travers le pastoralisme), formation des paysages de la steppe et évolutions de ceux-ci dans une ambiance climatique faiblement variable, nature des échanges régionaux. Les sociétés du Bronze ancien dans le Levant sont très loin d’être homogènes. Sociétés peu hiérarchisées, elles ont des modes de fonctionnement et des fondements socioéconomiques divers que l’on a voulu trop souvent analyser à travers le filtre unique du « degré d’urbanisation » témoignage du « degré de civilisation ». En fait la question posée ainsi n’a plus de sens et c’est la diversité et ses modes d’expression, dans les formes sociales, économiques, urbaines, culturelles, qui doit faire maintenant l’objet d’études archéologiques pour comprendre correctement cette période.
Ce sont les résultats de l’enquête de terrain, et la description des vestiges qui forment l’essentiel de l’ouvrage : plutôt que de présenter de nouvelles thèses, nous souhaitons en effet apporter des documents nouveaux, nombreux, qui doivent servir de base à la réflexion collective.
Are Arab parties facing a predicament? Are they paying the price of repression and limited pluralism? Have they become obsolete to the benefit of other political groups and mobilization modes such as communities, tribes, “asabiyyat” or to the disadvantage of non governmental organizations, associations and social movements? While some predicted “the end of parties” in the region as a result of authoritarian political systems, doesn’t the recent transition from the one party rule towards a fragile plural party system in many countries put again party organizations in the spotlight?
Most of the time, contemporary Arab parties have little mobilizing power. Yet some are crawling out of underground activities and trying their hands at the exercise of power after years of oppositions. Others, and mainly on the Islamist arena, assert themselves as first hand mobilization structures, able in certain cases to compete with regimes in power.
This book addresses those research questions. Emphasizing new and unpublished data, the book’s diverse contributions tackle holistically party life in six countries that have adopted very different political pathways: Yemen, Bahrain, Lebanon, Morocco, Algeria and Iraq. All the studies approach the decline or the revival of the parties from a long term historical perspective mainly with regard to political institutions in those six countries. The studies focus on the rules of party games, on the junction between “the right to politics” and “political rights”. They reveal the fine-tuning between ideological frameworks and political strategies. They raise questions about the renewal of elites, forms of militant activism, the array of parties’ political activities, particularly social ones. They examine the issue of identity construction and political solidarities in the framework of the nation state, or in contradiction with it. As a final point, the book inquires about how party life in those six countries accounts for political transformations: possible democratization of regimes, forms of domination that are played out within those regimes, the emergence of the breakdown of leaderships and finally the rationale behind mobilization and collective action.
This book is published with the support of the program on Political Party Development in the Arab World (Algeria, Bahrain, Iraq, Lebanon, Morocco and Yemen) financed by the International Development Research Center (Ottawa, Canada).This publication gathers a series of studies undertaken within this framework. More studies are available on the project's website: www.appstudies.org
The opinions expressed in this book are the responsibility of their authors and do not necessarily reflect the opinions of the Lebanese Center for Policy Studies or the International Development Research Center. The chapters in the book have been translated from French and Arabic to English by Nathanel London, Francoise Gillepsie, Nathalie Nahas, Angelique Baino, Jennifer Berry and Assaad Makary.
Cet ouvrage trouve son origine dans un colloque, Les patrimoines dans la ville : de la construction des savoirs aux politiques de sauvegarde au Maroc et dans le Monde arabe, organisé les 18, 19 et 20 décembre 1997 à Rabat (Maroc).
Jusqu'aux années 1990, l'essentiel des recherches menées sur le patrimoine bâti au Maghreb et au Moyen-Orient portait sur la formation des quartiers historiques, l'architecture domestique des médinas et des centres pré-coloniaux, ainsi que les problèmes posés par leur sauvegarde.
Les contributions rassemblées dans cet ouvrage reflètent le changement qui s’est alors opéré dans ce domaine, avec l’ouverture à d'autres approches et d'autres terrains, afin de questionner, dans une optique philosophique, anthropologique ou politique, la notion même de patrimoine, depuis son émergence dans les sociétés européennes jusqu'à sa diffusion planétaire au cours de la seconde moitié du XXe siècle.
Couvrant principalement le Maghreb et le Moyen-Orient, les textes proposés ici re-situent l’état du débat sur les questions de patrimoine à la fin des années 1990, l'attention accordée au legs architectural du passé et à la matérialité des objets s’étant progressivement déplacée vers les processus de patrimonialisation et les constructions culturelles, historiques, politiques, sociales et juridiques qui produisent ces processus.
Entre la fin des années 1990 et 2010, la réflexion sur les processus de patrimonialisation a continué de progresser. Cet ouvrage apporte un témoignage clef du développement de la recherche sur ce thème.
À partir d’un recensement des amphores de provenance orientale découvertes en Gaule sur une centaine de sites de l’Antiquité tardive, cette recherche aborde un des aspects de l’histoire économique antique, à travers l’étude des échanges commerciaux entre l’Orient et l’Occident, relatifs aux biens transportés en amphores. La connaissance, jusqu’alors lacunaire, des amphores de cette période a imposé une étude céramologique approfondie afin de mettre en place une typologie précise, qui se veut un instrument de datation supplémentaire pour l’archéologue. L’épigraphie ainsi que l’étude des pâtes font partie des outils qui ont mené à l’établissement de la provenance et du contenu des formes préalablement définies. La diffusion de ces amphores en Gaule et dans le monde méditerranéen nous éclaire sur l’orientation des circuits commerciaux et des échanges, de même que l’analyse des régions d’approvisionnement permet d’observer des fluctuations aussi bien historiques que géographiques de ces sources. À partir des éléments matériels recueillis, il est ainsi devenu possible d’apporter une contribution à la compréhension de l’économie de l’Antiquité tardive, en cette période charnière qui a vu le passage du monde antique au monde médiéval.
Based on an inventory of the amphoras of Eastern origin discovered in Gaule from a hundred of archaeological sites of Late Antiquity, this research tackles some aspects of ancient economic history, through the study of the trade of goods transported in amphoras between the East and the West. Knowledge, hitherto incomplete, of the amphoras of this period required a more thorough ceramic study in order to establish an accurate typology, which is intended to be an additional aid for dating by archaeologists. Epigraphy as well as the study of the fabrics, are the tools which are means of establishing the origin and the contents of the amphoras. Their diffusion in Gaule and in the Mediterranean world informs us about the commercial trade and exchange routes, and the analysis of the supply areas makes it possible to observe historical as well as geographical fluctuations. Starting from the material elements thus collected, it is possible to contribute to the understanding of the economy of Late Antiquity, at this transitional turning point period which witnessed the progression from the ancient to the medieval world.
Le royaume de Sidon tenait sa place dans le Levant du Bronze Récent, mais peu de restes archéologiques en témoignaient ; c’est ce qui a fait l’intérêt de la nécropole de Sidon-Dakerman, objet de la thèse de R. Saïdah sur Sidon au Bronze Récent (université Paris I, 1977). La publication, retardée par la guerre, vient d’être achevée, avec une mise à jour par M. Yon et des compléments bibliographiques tenant compte des travaux et découvertes des 25 dernières années. La mort de Roger Saïdah en 1979 a interrompu une brillante carrière. Né à Beyrouth en 1930, il est entré au service des Antiquités du Liban en 1961 ; expert auprès de l’UNESCO, fouilleur de Khaldé, Porphyreon, Khan Khaldé, Sidon-Dakerman..., il a aussi enseigné l’archéologie (AUB).
The kingdom of Sidon held its place in the Late Bronze Age Levant but was evidenced by few archaeological remains, which explains the significance of the necropolis of Sidon-Dakerman, the topic of R. Saïdah’s thesis on Late Bronze Age Sidon (University of Paris I, 1977). The publication was delayed by the war and has just been completed, including an update by M. Yon and bibliographic supplements taking account of the work and finds of the last 25 years. Roger Saïdah’s death in 1979 ended a brilliant career. Born in 1930 in Beirut, he joined the Lebanese Department of Antiquities, was an expert for UNESCO, an excavator of Khalde, Porphyreon, Khan Khalde, Sidon-Dakerman…, and also taught archaeology (AUB).
Par ce choix d’inscriptions grecques et latines de la Syrie, une équipe d’historiens offre au lecteur curieux du passé des documents variés et souvent inattendus, qui portent sur la période comprise entre le IIIe siècle av. J.-C. et le XIe siècle apr. J.-C. Certains de ces documents intéressent l’histoire politique, les institutions, l’économie, la vie militaire, la piété ou l’organisation du réseau routier. D’autres nous parlent simplement des hommes : ainsi, l’épitaphe de cette Gauloise, née à Rouen, épouse d’un officier, qui mourut dans le Hauran, à l’autre bout de l’Empire. La difficulté du quotidien est aussi révélée par une étonnante chronique sur mosaïque qui signale que le 27 janvier 499 « il y eut de fortes neiges et les arbres à olives du territoire d’Apamée se rompirent ». Les hommes chantaient la générosité de la terre en des formules enthousiastes, tels ces vers latins – précédés d’une croix – gravés sur la façade d’un pressoir : « Tu vois les sucs pareils au nectar, présents de Bacchus, que la vigne a produits, revigorée par un chaud soleil ». Les hommes de l’Antiquité ont beaucoup confié à la pierre ; leurs inscriptions, gravées sur divers supports ou dessinées sur les tapis de mosaïque, constituent l’une des sources majeures de l’histoire de la Syrie. Scrupuleusement replacés dans leur contexte archéologique, géographique et historique, tous ces documents invitent à la découverte d’un pays et d’une histoire.
La métrique de la poésie arabe a longtemps été considérée sous son seul aspect théorique et les recherches qui lui ont été consacrées ont presque exclusivement consisté en une réinterprétation des principes de la théorie classique attribuée à al-Halil. Ahmad al-Farahidi (mort entre 776 et 791 de l’ère chrétienne), jugée à tort comme un miroir fidèle de la pratique des poètes. En effet, en dépit de son réel attrait formel, cette théorie présente l’inconvénient d’inventorier un certain nombre de mètres, modèles de vers et variantes qui ne sont pas attestés dans la réalité, et l’approche esthétique développée par les métriciens postérieurs à al-Halil n’a que partiellement permis de gommer ces défauts. La théorie classique a aussi représenté une rupture avec la conception « traditionnelle » de la métrique. L’analyse empirique d’un corpus représentatif de près de quarante mille vers attribués à cent poètes préislamiques et du premier demi-siècle de l’islam, combinée à celle des rares témoins d’une terminologie et d’une taxinomie métriques pré-ḫaliliennes, permet de reconstituer un système qui diffère considérablement du système classique, tant pour ce qui est de l’inventaire et de la structure des modèles de vers qu’en ce qui concerne leur catégorisation et leur organisation d’ensemble. En prenant pour base cette reconstitution, il est enfin possible de formuler un certain nombre d’hypothèses concernant l’évolution du système dans le temps (de 450 à 670 de l’ère chrétienne) e(...)
Le cinquième volume du corpus des inscriptions grecques et latines de la Jordanie réunit 747 inscriptions provenant de dix-huit sites de la région nord-est, dont un site – Umm al-Jimal – totalise à lui seul 537 numéros ! L’ouvrage comprend une introduction générale, une introduction historique, des notes sur les voyageurs, et le corpus dans lequel les inscriptions sont classées selon leur localisation, d’ouest en est. Pour chaque site, les inscriptions sont présentées selon leur date et leur nature. C’est une épigraphie très diversifiée : inscriptions païennes, inscriptions chrétiennes, inscriptions des équipes de sport, édits des empereurs, inscriptions honorifiques, inscriptions commémorant les constructions, et inscriptions funéraires, qui sont de loin les plus nombreuses. L’épigraphie régionale est principalement de langue grecque ; signalons aussi quelques inscriptions latines et deux bilingues. Peu de pierres inscrites sont encore in situ. Les inscriptions datées couvrent un arc chronologique de près de cinq siècles (177-646 ap. J.-C.)
This study presents the results of a survey and a collection of Greek and Latin inscriptions from the north east area of Jordan. Representing the fifth Volume of the Corpus of Greek and Latin inscriptions in Jordan, this study consists of 747 inscriptions collected from two sources: published scientific references and field work which enabled us to uncover more inscriptions. The inscriptions were found in eighteen sites, the most important of which was Umm al-Jimal with 537 inscriptions. The study includes a general introduction, a historical introduction, general remarks about inscriptions, notes about travelers and explorers, notes about the inscribed stones and the contents of the inscriptions, and finally, the Corpus which represents the largest part of the research. The inscriptions in the Corpus are organized in a geographical order from west to east. The inscriptions from each site are arranged according to their subject matter and according to their date, the oldest coming first. The subjects of the inscriptions were numerous: Pagan inscriptions, Christian inscriptions, sport teams’ inscriptions, emperors’ edicts, honorific inscriptions, inscriptions commemorating constructions, and funerary inscriptions, which are the most numerous. Most of the inscriptions were in Greek, some were in Latin, and two were bilingual. What is worth noting is that the stones on which the inscriptions were made were moved from their original place either to a new place within the same(...)
De Pétra à Baalbek, en passant par Palmyre, la pierre est omniprésente au Proche-Orient. Presque tous les monuments de la région sont issus des carrières et la plupart de leurs caractères techniques sont étroitement dépendants des conditions géologiques et des techniques propres à ces exploitations. Comment imaginer l’usage de mégalithes à Baalbek si la roche locale n’avait présenté que des strates fragmentées et de faible épaisseur ? Si la production en série modulaire des blocs des fortifications hellénistiques de la côte méditerranéenne a été décidée, c’est grâce à la relative homogénéité des grès dunaires. L’absence de colonnes monolithes en gypse dans les sites de la vallée de l’Euphrate syrien ne tient pas à une décision architecturale, mais à l’impossibilité d’extraire de longs monolithes dans cette roche. La bichromie des monuments d’époque islamique se trouve essentiellement dans les zones géologiques où l’on peut extraire, à peu de distance, du calcaire clair et du basalte. Les pierres décoratives importées de diverses contrées présentent également des aspects spécifiques à leur type de gisement et à leur mode d’exploitation. Tel est le cas des colonnes de marbre cipolin dont l’esthétique finale est déjà déterminée, dès la carrière, par la manière d’isoler leur volume dans la masse rocheuse en anticipant la position de leurs veines vertes et grises. Par ailleurs, que sait-on sur les carriers antiques et médiévaux de la région ? Très peu de chose, si l’on en juge par(...)
Étoile du Croissant fertile située sur l’Euphrate à deux cents kilomètres à l’Est d’Alep, Raqqa est une ville de contact entre le monde des pasteurs nomades, le monde des sédentaires et celui des citadins. Sixième ville de Syrie en 2009, avec environ 250 000 habitants, son essor fut considérable au début des années 1970 en tant que centre administratif du Projet de l’Euphrate, qui fut le principal projet de développement de la Syrie baathiste pendant vingt ans. Trois barrages, une ville nouvelle et quinze fermes d’État furent construits, drainant vers le gouvernorat de Raqqa des milliers de fonctionnaires, d’ouvriers et d’ingénieurs, syriens et étrangers, qui y introduisirent de nouvelles pratiques sociales. Dans le même temps, Raqqa fut transformée en vitrine du développement urbain baathiste avec places de parades, jardins, bâtiments officiels, statues et rhétorique célébrant le renouveau de la gloire abbasside de cette ville qui fut la capitale éphémère du calife Haroun al-Rachid. Le double essor administratif et démographique de Raqqa a profondément modifié les rapports de pouvoir entre les membres des anciennes familles citadines, les fonctionnaires issus des anciennes tribus semi-nomades, et les groupes de migrants nouvellement installés dans la ville. Une véritable revanche sociale s’est produite au profit de petits propriétaires devenus membres du Parti Baath qui ont eu accès aux principaux postes administratifs du gouvernorat. Mais les anciens citadins ont pu cons(...)
Ce volume contient les actes d’un petit colloque qui s’était tenu à Lyon en février 1989 autour de l’exposition « Mosaïques byzantines de Jordanie » conçue par le père M. Piccirillo, devenu le génie tutélaire des antiquités chrétiennes de Jordanie, avec le concours des autorités jordaniennes et mise en place en France par J. Lasfargues et F. Leyge au musée de la Civilisation gallo-romaine. La première version de cette exposition avait été présentée à Rome en 1986 au lendemain de la mémorable découverte à Umm er-Rasas d’un groupe de deux églises dont les mosaïques presque intactes illustraient la virtuosité des mosaïstes de l’«école de Madaba». Celle de Lyon coïncidait pratiquement avec la parution d’un livre du père Piccirillo sur les églises de la région de Madaba. Il nous avait semblé nécessaire de compléter les cérémonies officielles et l’écho qu’elles avaient rencontré dans la presse par une réflexion en cercle plus restreint, autour de M. Piccirillo, des principaux spécialistes français intéressés par la discipline et les sites de Jordanie. Cette initiative a prouvé son utilité puisqu’une cinquantaine de spécialistes, venus parfois de loin, et plusieurs dizaines d’étudiants ont participé aux séances de travail et contribué aux discussions animées que suscitaient ces découvertes parfois surprenantes. La réunion avait été présidée par le regretté Ernest Will, ancien directeur de l’Institut français d’archéologie du Proche-Orient, et organisée par Noël Duval - qui avait c(...)
Cet ouvrage, qui est le fruit d’une coopération entre l’Ifpo et la Fondation Ford, examine le décalage existant dans la majorité des pays arabes entre les débouchés de l’enseignement supérieur et les besoins du marché de l’emploi. Sept études de cas sont présentées qui concernent le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Jordanie, la Syrie et le Liban. Toutes soulignent le chômage des diplômés, dont les causes sont multiples et pour partie liées au manque de croissance économique et aux politiques conduites en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Tous les auteurs signalent le développement quantitativiste de l’enseignement supérieur au détriment de la qualité, son manque de relation avec le secteur privé et ses méthodes pédagogiques passives et déconnectée des réalités professionnelles d’aujourd’hui. Ces auteurs explorent aussi les pistes d’une sortie de crise pour l’enseignement supérieur en relevant tout de même l’amélioration globale des qualifications de la force de travail dans les différents pays.
En étudiant la ville et la femme dans l’œuvre d’al-Ujaylî, la réflexion suit un double cheminement. La façon dont l’auteur a donné corps à son espace est, en effet, un premier fil conducteur. Cette démarche d’approche sociocritique conduit vers des considérations plus fondamentales touchant à la référence identitaire des espaces concernés. Aller à la rencontre de la femme et de la ville est le second fil d’Ariane, présenté d’abord comme une mise en relation des partenaires : le héros et la ville, le héros et la femme, celle-ci et celle-là. Cette conduite d’analyse s’est étoffée pour cernet les visées de l’auteur : quelles valeurs conférer à ce désir de ville, à ce désir de femme, à ce désir de femme en ville ? Ces deux grands mouvements de la réflexion se nouent dans l’appréciation du message qu’al-Ujaylî essaie de délivrer et, plus exactement, dans ce que l’on a pu en discerner. En mettant en scène la ville et la femme, ce ne sont pas deux aspirations parallèles qui sont évoquées mais, par leurs combinaisons, bien des espérances et bien des désenchantements de l’homme arabe, donc d’une société. C’est à proprement parler la thèse défendue tout au long de ces pages. La combinaison ville-femme a une vertu d’exemplarité des problèmes contemporains du monde arabe. En ce sens, Abd al-Salâm al-Ujaylî, écrivain néoclassique et réaliste, place au premier rang de son œuvre l’homme dans la société. Sommaire Introduction générale. La ville ? La femme ? La ville et la femme. Un suj(...)
Cet ouvrage fondé sur un matériel numismatique aussi complet que possible apporte une contribution majeure à l’histoire des cités de la Phénicie du Nord, traditionnellement servie par un nombre très limité de sources. De l’autonomie en 81/80 av. J.-C. à la fondation d’une colonie romaine en 15 av. J.-C. à Bérytos/Beyrouth et aux relations de cette dernière avec la colonie d’Héliopolis/Baalbek, l’étude des monnayages est étroitement liée au contexte événementiel de ces deux cités. De même, les émissions d’autres cités, telles Orthosia/Ard Artousi, Césarée du Liban/cArqa, Tripolis, Botrys/Batroun, Byblos, Sidon, Tyr et Chalcis du Liban, sont étudiées en contexte. Leur analyse permet de distinguer les caractères originaux de chaque cité et apporte des indications nouvelles sur plusieurs points controversés de l’histoire de la Phénicie hellénistique et romaine. Si le rythme des émissions monétaires atteste de la vitalité économique de la Bérytos romaine, les dénominations du système monétaire témoignent aussi d’une certaine continuité avec la période pré-coloniale. Le monnayage de la colonie d’Héliopolis ne commence que sous Septime Sévère, en 194, et s’arrête définitivement vers 256/257. Son étude confirme la thèse selon laquelle Héliopolis serait restée une dépendance de Bérytos jusqu’en 194.
This book, based on a set of numismatic materials as complete as possible, brings a major contribution to the history of the Northern Phoenicia cities on which, traditionally, sources are scarce. From its autonomy by 81/80 b.c. to the foundation of a Roman colony in Berytos/Beirut in 15 b.c. and to the relations Berytos developed with the colony of Heliopolis/Baalbek, coinage study has always been closely linked to the context of events in those two cities. Similarly, coin issuing in other cities such as Orthosia/Ard Artousi, Caesarea of Lebanon/'Arqa, Tripolis, Botrys/Batrun, Byblos, Sidon, Tyr and Chalcis of Lebanon, is studied in the same context. The analysis of these coins allows the author to bring to light the specific characteristics of each city and to provide us with new information on several controversial points in the history of Hellenistic and Roman Phoenicia. While the pace of coin issuing gives evidence of the Roman Berytos economic dynamism, the denominations of the monetary system are also a testimony of the continuity with the pre-colonial period. The coinage in the Heliopolis colony starts with Septimius Severus in 194 and halts definitely around 256/257. The author’s coinage study confirms the thesis according to which Heliopolis belonged to Berytos until 194.
Présentation Phénomènes sociaux de grande ampleur, les pèlerinages ne sauraient être réduits à leur seule dimension religieuse. Ils participent en effet pleinement aux mobilités qui traversent la région, alimentant le développement touristique et les échanges commerciaux. Carrefours éphémères, évènements extraordinaires, les pèlerinages forment un creuset où viennent se croiser non seulement les hommes, mais également les biens et les idées qui essaiment au retour des pèlerins, entraînant des transformations matérielles, politiques, voire psychologiques, importantes et souvent durables. Rassemblant des foules parfois immenses, accompagnés d’intenses activités festives, ils sont à la fois défis à l’ordre public et mises à l’épreuve de l’espace public urbain qu’ils transforment et remodèlent. Les contributions réunies dans ce volume s’attachent à rendre compte, en multipliant les situations observées et les angles d’approche, de cet événement polymorphe qu’est le pèlerinage au Maghreb et au Moyen-Orient. Phénomène universel, il revêt dans cette vaste région maints traits spécifiques et il y demeure l’un des principaux vecteurs de l’intégration communautaire. Sommaire Introduction Sylvia Chiffoleau et Anna Madoeuf DES UNIVERS DE VIRTUALITÉ La présentation de soi au pèlerinage de Rabbi Yahya Lakhdar (Maroc) Hicham DakhamaLe mawsim de Nabî Mûsâ : processions, espace en miettes et mémoire blessée. Territoires palestiniens (1998-2000) Emma Aubin BoltanskiDes pèlerins sé(...)
Présentation (par Denis Gril) Abū ‘Abd al-Rahmān al-Sulamī est avant tout réputé historien du soufisme et compilateur de traditions, ordonnées selon les genres en usage : dictionnaire biographique, commentaire coranique, monographies sur des sujets variés, telles qu’en a produit dans le registre religieux et éthique, la littérature d’adab. Une telle réputation est largement partagée par les auteurs musulmans, à quelques rares exceptions, et les orientalistes. Il est significatif que Sulamī ait été quasiment exclu de la tradition hagiographique qu’il a contribuée à mettre en place. Comme le relève avec pertinence l’auteur de ce livre, il faut voir là l’efficacité d’une stratégie d’écriture, dans la tradition des Malāmatis (les Hommes du Blâme) dont Sulamī s’est fait l’héritier et le continuateur. Cependant, loin de s’enfermer dans une tradition particulière, en choisissant de fonder son oeuvre sur la transmission de l’enseignement spirituel du Prophète et des maîtres de la Voie, il joue un rôle décisif dans l’élaboration du soufisme, en faisant converger vers un même but l’enseignement des représentants de la spiritualité musulmane du IIe au IVe siècle de l’Hégire. Il contribue ainsi discrètement mais efficacement à la défense d’un soufisme empreint de sobriété et de rigueur, ainsi qu’à l’énoncé d’une doctrine de la sainteté où se révèlent ses affinités avec al-'akīm al-Tirmidī et plus tard Ibn ‘Arabī, par delà les différences de style. Il joue donc un rôle charnière entre l(...)
Conçu à partir de la fin du XIXe siècle, le pôle urbain de Sanayeh valorisait la modernité au sein de l’Empire ottoman. Construit sur des dunes de sable, il représentait un défi de l’homme sur la nature. Ce livre, accompagné d’une série de films, propose une vision du quartier des arts et métiers, Sanayeh, tel qu’il est vécu aujourd’hui. Bien que situé au cœur de Beyrouth, Sanayeh dévoile, derrière les immeubles modernes qui entourent désormais le jardin public, un espace plus traditionnel. Une vie rythmée par les cérémonies rituelles et un esprit du lieu marqué par la présence du jardin. En effet, c’est autour du jardin, poumon du quartier, que les connexions à la ville s’opèrent : lieu de rencontre, d’exposition et de camouflage, il permet à ses occupants réguliers de se créer une vie. Ce livre propose un itinéraire de découverte dont les repères sont les pratiques sociales des habitants de Sanayeh - notables du quartier ou gens de peu -, leurs usages de l’espace et leurs rapports au lieu. Cette quatrième édition des Cahiers de l’Ifpo allie le texte à l’image pour faire découvrir, à travers une exploration filmique, un portrait éclaté et vivant du quartier de Sanayeh.
Le Canon de la médecine d’Avicenne (m. 1037) est un des monuments de la littérature scientifique médiévale. Dans ce traité de 1500 pages environ, l’auteur se propose de systématiser le savoir médical et de le structurer grâce à des concepts philosophiques majeurs. C’est cette interaction entre médecine et philosophie que nous avons mise en évidence dans le présent ouvrage. Il appert ainsi que le Canon de la médecine s’inscrit dans une vision universelle de la connaissance chère aux grands philosophes arabes médiévaux. Cet aspect systématique n’échappa pas aux savants de l’Occident latin qui disposèrent, dès la fin du XIIe siècle, soit moins de cent cinquante ans après sa rédaction, de la traduction latine qu’en donna Gérard de Crémone. Avec la fondation des universités européennes, cette oeuvre majeure devint la base de l’enseignement médical et philosophique, les maîtres ès arts s’appuyant sur l’un ou l’autre des cinq livres la composant.